Le plan agrumicole prend l’eau

Le  plan agrumicole prend l’eau

Une grande partie des aides promises dans le plan agrumicole sera supprimée au mois de juillet. Ce plan était mis en place en 1998 par le ministère de l’Agriculture et l’Association des producteurs d’agrumes au Maroc (l’ASPAM). L’objectif, d’ici 2010, était de renouveler 32 000 hectares de plantes et de produire 1.850.000 de tonnes d’agrumes dont 850.000 destinées à l’export. Pour ce faire, tout un plan d’action avait été mis en place. L’aide et le soutien aux producteurs consistait en une subvention à l’achat de plants certifiés d’agrumes, à l’équipement de la micro-irrigation et à l’investissement. Au total, ce soutient était plafonné à 15 800 dirhams par hectare.
Dans le détail, ces aides appelées à disparaître dans 3 mois, s’articulent ainsi : 7 800 dirhams à l’hectare pour toute création de nouvelles plantations d’agrumes, 2 000 dirhams à l’hectare pour l’équipement des vergers en matériel d’irrigation localisée. En plus, une prime accordée à l’investissement pour la construction et l’équipement des stations, d’un montant de 200.000 dirhams par tonne-heure pour les unités de plus de quatre tonnes-heure et une prime à l’investissement pour la construction et l’équipement des entrepôts frigorifiques fixée à 150 dirhams/ m3 pour les unités de 500 à 5 000 m3. Aujourd’hui, à peine 40% de ces objectifs sont réalisés, à cause de la sécheresse qui a sévi de 1998 à 2001 de manière continuelle. Mais surtout, selon l’ASPAM, du fait des lenteurs dans la promulgation des textes accompagnant ce programme. L’élaboration de ces documents de travail n’a été achevée que deux ans après le lancement officiel du plan d’action.
De plus, pour les producteurs, l’aide consentie par l’Etat, soit 15 800 dirhams par hectares, est très insuffisante. Puisque, en moyenne, un investissement d’agrumes, de l’année zéro à la cinquième ou sixième année, coûte 150 000 dirhams hors prix du terrain. L’aide de l’Etat couvre donc à peine 10,5%. C’est d’autant plus insuffisant qu’au Maroc, les taux pratiqués par les banques commerciales restent élevés.
En effet, hormis le Crédit agricole, rare sont les institutions qui osent s’aventurer dans les crédits à la production, là où le facteur risque est important. «Les banques interviennent en général dans des créneaux confortables comme le financement à l’exportation ou la distribution, moins compliqués que la production», déclare un cadre du Département d’Etudes du Crédit agricole. La cherté des taux, provient de l’absence d’une politique de subventions au Maroc. En France, avec la PAC (Politique agricole commune) et des coûts de ressources peu élevés, les producteurs bénéficient de taux très acceptables et moindres par rapport au Maroc.
Aujourd’hui, en pleine transition, le Crédit agricole réfléchit à une nouvelle approche commerciale, notamment pour ce qui est des cultures vivrières. Des négociations sont en cours avec l’Etat pour soutenir cette catégorie de cultures qui, à l’inverse des agrumes, n’est pas destinée à l’exportation.
Dans tous les cas, d’ici le mois de juillet, la plupart des primes à l’investissement contenues dans le plan agrumicole seront caduques. «Chose parfaitement normale », indique-t-on au ministère de l’Agriculture.
Dans le plan agrumicole, ces aides n’étaient pas prévues pour durer au delà de cinq ans. L’ASPAM, par la voix de son secrétaire général, dit souhaiter la reconduction du programme mais aussi son réajustement, afin que son incidence soit significative.
La réponse est dans le camp du ministère de l’Agriculture dans celui des Finances. Et aussi dans celui des producteurs, appelés à être plus agressifs à l’export, n’étant pas, contrairement aux primeurs, soumis aux quotas.

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