Le plan d’action de l’ONP

Lors du conseil d’administration de l’ONP (Office National des Pêches) tenu lundi 22 juillet, l’examen de l’arrêté des comptes de l’exercice 2001 n’a pas constitué, comme il en est d’habitude, le point culminant de la réunion. L’état d’avancement de l’application des résolutions retenues à l’occasion de la première session annuelle du conseil ayant lieu en janvier 2002 a occupé une place importante dans le débat. Mise en place d’un réseau de marchés de gros, de fonds de garantie dédié en particulier aux opérateurs de la pêche côtière et artisanale et d’un programme d’investissement dans les provinces du sud marocain de 240MDH en est le principal élément. S’étalant sur plusieurs mois, voire des années, ce plan d’action ne risque pas de voir le jour sans quelques difficultés.
Et pour cause, gérer les marchés de gros de poissons, pour ne prendre que lui en exemple se heurte à un problème de fait dans la mesure où la gestion de tous les marchés de gros est assurée par les collectivités locales. Or, « depuis 1996, assure Majid El Ghaib, DG de l’ONEP, le législateur a donné la possibilité à l’ONEP de gérer les marchés de ventes en gros du poisson, donc pouvoir agir au-delà de l’enceinte portuaire ». En effet, le projet qui fut présenté par l’ONP lors de son dernier conseil d’administration propose l’implantation d’un réseau de 10 marchés de gros à travers tout le Maroc en se basant sur un partenariat entre l’Office et les collectivités locales. Le montant de l’investissement à débloquer se situe aux alentours de 153 millions de DH financés à hauteur de la moitié par l’ONP. Une étude fut présentée dans ce sens au comité de direction le 25 juin proposant de négocier une gestion déléguée de ces marchés auprès des collectivités locales et ce pendant « une durée limitée au bout de laquelle l’ONP se désengagera au profit de la collectivité locale concernée ». Les objectifs assignés à ce chantier est, selon ladite étude, d’accroître la consommation nationale du poisson de 7,8Kg à 14Kg par habitant et par an à l’horizon 2004.
Ce niveau de consommation correspond à la moyenne internationale. Pour y arriver, quelque 120.000 tonnes de poissons supplémentaires sont à injecter sur le marché national, sur une durée qui pourra s’étaler sur de nombreuses années.
Les lieux de ventes, ce sont outre les marchés de gros, les halles de poisons dont cinq nouvelles seront fin prêtes en 2006 dans les ports de Tanger, Larache, Laâyoune et Tan-tan pour un investissement de 114 millions de DH. Une a été finalisée au port de Nador en octobre 2001.
Reste à dire que le volet financier a une importance capitale dans la réussite de l’ensemble des projets de l’ONP. Dans un premier temps, un fonds de garantie spécifique est à mettre en place au profit de la pêche côtière et artisanale dont l’objectif est de faciliter l’accès aux opérateurs de ce secteur aux lignes de crédit bancaire. Les besoins en la matière s’élèvent à 1 milliard de DH, les moyens à mobiliser oscillent quant à eux entre 200 et 220 millions de DH dont 30 millions seront déboursés par l’ONP ; les institutionnels et les banques couvriront le reliquat. Les discussions concernant la mise en place de ce fonds suivent leur cours entre l’ONP et la CDG (Caisse de Dépôt et de gestion). Si tout va dans le bon sens, « ce fonds verra le jour en janvier 2003 », assure M. El Ghaib.

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