Le plan de sauvetage bancaire enfin promulgué

Un vaste plan de sauvetage des banques américaines a été promulgué vendredi par le président George W. Bush, peu après avoir été adopté par la Chambre des représentants et deux jours après l’aval du Sénat, une mesure attendue par les places boursières du monde entier. Le président américain a félicité samedi les parlementaires des camps républicain et démocrate pour l’adoption du plan de sauvetage des banques d’un montant de 700 milliards de dollars, mais a averti que ces effets bénéfiques ne seraient pas immédiats. Le Sénat a approuvé la mesure mercredi, suivi vendredi par la Chambre des représentants, qui avait précédemment rejeté un plan légèrement différent lundi. Le président Bush l’a immédiatement promulguée.  Au cours de son adresse radiodiffusée hebdomadaire, le président américain a reconnu que le vote avait été difficile tant pour les parlementaires démocrates que républicains. «Je leur suis reconnaissant de leur volonté de travailler par delà les lignes partisanes au beau milieu d’une période électorale», a déclaré M. Bush, dont le successeur doit être élu le 4 novembre. Cette mesure «fournit les outils nécessaires pour aborder les problèmes sous-jacents de notre système financier», a-t-il estimé. Ce plan de 700 milliards de dollars donne au Trésor américain des moyens historiques pour intervenir sur le secteur financier. La Chambre a approuvé vendredi par 263 voix contre 171 cette «Loi de stabilisation économique d’urgence 2008» de 850 milliards de dollars en tout, si l’on compte le coût des amendements divers ajoutés au cours d’âpres négociations pour satisfaire les élus récalcitrants. Une majorité de 218 voix était nécessaire pour faire passer ce texte à la Chambre, qui l’avait rejeté le 29 septembre par 228 voix contre 205. Le Sénat avait adopté haut la main mercredi (74-25) le texte légèrement révisé sur le fond mais lourdement amendé par des ajouts divers pouvant satisfaire les élus récalcitrants de la Chambre. À la Bourse de New York, alors que l’espoir de l’adoption du plan avait fait prendre au Dow Jones jusqu’à 300 points, la concrétisation du vote a provoqué une vague de ventes chez les opérateurs de marché et Wall Street est finalement repassé dans le rouge à la clôture dans l’attente d’effets concrets du plan: le Dow Jones a cédé 1,50% et le Nasdaq 1,48%. Les Bourses européennes avaient de leur côté terminé en hausse, semblant anticiper une approbation du plan: Paris a pris 2,96%, Francfort est montée de 2,41% et Londres de 2,26%. Lors du rejet du texte en début de semaine, le Dow Jones avait plongé de près de 800 points. Le secrétaire au Trésor Henry Paulson a promis d’agir rapidement pour mettre en oeuvre son plan qui lui permet de puiser dans une manne de 700 milliards de dollars pour assainir les institutions financières chancelantes après la crise immobilière. Le président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Ben Bernanke, s’est également réjoui de l’adoption du plan. Durant le vote, si attendu par les marchés, les représentants, venus nombreux, avaient les yeux rivés sur le grand mur de l’hémicycle qui affiche le scrutin par des voyants lumineux. Des applaudissements ont crépité lorsque la majorité de 218 voix a été atteinte puis dépassée. «C’est un compromis mais c’est un début », a déclaré la présidente démocrate de la Chambre Nancy Pelosi lors de son intervention à la tribune. Elle a insisté sur la coopération des deux partis et a évité d’épingler l’héritage de la politique économique du président Bush, comme on le lui avait reproché lors de son discours le jour du rejet du plan Paulson par les représentants. «Notre regard se tourne vers l’avenir, afin de faire éclater la lumière de la responsabilité sur ce qui s’est passé sur nos marchés financiers pour que cela ne se reproduise pas», a ensuite déclaré Mme Pelosi lors d’une conférence de presse. La responsable démocrate a promis des auditions dès octobre pour expliquer «ce qui n’a pas fonctionné » sur les marchés et entamer des réformes. «Aujourd’hui nous avons eu un vote très fort réunissant les deux partis et j’espère que nous avons réalisé deux choses. 


• Virginie Montet (AFP)

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