Le potentiel compétitif à la traine

L’heure des comptes arrive, même si le gouvernement de l’alternance n’a pas fait des chiffres son terrain de prédilection. En revanche pour ce qui est de l’approche de l’actuel trésorier du Royaume, elle se maintient et résiste à quatre années budgétaires. L’ossature est claire: maîtrise de la gestion publique garante d’une relance économique. La théorie reste lourde de sens.
Sans se rabattre sur une lecture exhaustive des postulats d’une relance ou d’une croissance économique, certaines orientations stratégiques du gouvernement soulignent un manque de visibilité certain. Si le fonds Hassan II prend des prérogatives dépassant le cadre de l’investissement public, il s’inscrit dorénavant comme manne d’exploitation dans le cadre du budget de fonctionnement. Rappelons qu’au cours de ce mandat, les discours sur l’encouragement à l’investissement ont été l’objet de tous les séminaires et passages médiatiques. En revanche, il reste que pour cette année, la loi de Finances n’a pas traduit cette «priorité», puisqu’elle cible une légère hausse de 6% par rapport à 2001, en matière d’investissement global public. Mais la démarche sur laquelle repose la croissance au Maroc est tournée vers l’investissement privé. Il est quasi-inexistant dans le secteur industriel. Le secteur manufacturier a connu une baisse de 2%, relativement au PIB, il s’agit d’une moyenne de 3,5%. Si l’on se limite à la période 1990-2001, tous les ans, le taux de croissance des investissements privés a enregistré une réduction annuelle moyenne de l’ordre de 3,7%.
Par ailleurs, si la croissance n’a pas été au rendez-vous, le déficit commercial s’est également accentué. Il est passé à 8%. Plusieurs facteurs y ont contribué. D’une part, les besoins en consommation de produits importés ont endigué le commerce extérieur. Ainsi, les importations ont participé à hauteur de 2,1 points, soit un montant de 61,9 milliards de DH, à la dégradation du déficit budgétaire. D’autre part, le volet exportations, déjà en phase de ralentissement au 2ème trimestre 2000, a continué sa chute pour atteindre près de 3,4%.
A elles seules, les exportations ont contribué à l’aggravation du déficit commercial de 6 points. Il faut dire que la capacité d’exportation du pays souffre et il fallait s’y attendre du défaut de compétitivité des branches productives. Tous les segments de l’appareil économique sont touchés, notamment dans le secteur manufacturier, celui du textile et de l’habillement. D’où la faiblesse de la capacité concurrentielle des unités économiques tant sur les marchés nationaux qu’étrangers. Les entreprises ont vu baisser de 35% leurs commandes étrangères. Et c’est aussi la pénétration des marchés étrangers qui attire les investissements et favorise la relance.

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