Le pourquoi du recul de l’inflation

«Si pour les acteurs politiques et les équipes gouvernementales en place, la baisse généralisée des prix est présentée comme une performance, pour les opérateurs économiques, elle est au contraire synonyme d’évolution préoccupante », souligne le Centre Marocain de Conjoncture (CMC) dans sa dernière édition. Il faut dire que depuis plusieurs années déjà, la tendance mondiale repose sur la désinflation « ou plus précisément la quasi-stagnation des prix sur les marchés des biens et des services », y indique-t-on.
Ces mêmes conjoncturistes proposent la mise en application de nouveaux instruments d’appréciation et de diagnostic. C’est au milieu des années 90, que la rupture consommée avec la tendance inflationniste s’est réalisée. L’Europe a été la première plate-forme à voir ses taux d’inflation tourner autour de zéro. Il semble que le Japon soit désormais l’économie la plus atteinte par «ce large fléchissement des prix». A ce titre, le pays du soleil levant, connaît toutefois un mouvement de récession profond, et comme le rappelle le bulletin du CMC, « tous les plans de relance se sont avérés impuissants face à cette déprime».
Pour leur part, les pays développés ont intégré la tendance des prix bas, de manière quasi-structurelle. Les raisons sont inhérentes en grande partie, au fléchissement des cours des matières premières. Entre les années 80 et 90, les cours se sont réduits jusqu’à perdre 45% de leur valeur. Trois autres facteurs peuvent également expliquer cette situation. Ainsi, la concurrence plus étroite est due à la mondialisation des échanges. Par ailleurs, le reflux de l’inflation s’explique aussi par « les gains de productivité générés par ce mouvement de mondialisation dans les secteurs des industries et des services ». Et enfin, les gouvernements s’acharnent à combattre les relèvements de prix.
Ces attitudes sont perceptibles aussi bien lorsque les gouvernements prennent cette décision individuellement, que lorsqu’elles sont inspirées par les orientations et directives des organisations internationales, telles le FMI ou la Banque Mondiale.
Les conjoncturistes nationaux annoncent «qu’au Maroc comme la quasi-totalité des pays en développement, les prix ont connu une trajectoire parallèle avec la tendance globale enregistrée au niveau mondial». Même si les courbes connaissent un cheminement identique à celui des pays développés, il n’en demeure pas moins que les facteurs ne se rejoignent pas sous tous les aspects. Ainsi, le fléchissement des prix au Maroc est dû à la faiblesse de la demande intérieure.
Les campagnes agricoles influent sur la consommation des ménages. Ces dix dernières années, le pouvoir d’achat s’est détérioré de près de 2%. Autre facteur, l’investissement s’est également essoufflé. «Les restrictions au niveau des finances publiques des années passées ont gelé une partie non négligeable de la demande intérieure », rapporte le CMC. Le centre prévoit tout de même un taux de croissance en glissement annuel de l’ordre de 2,2%.

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