Le PPS dévoile son «projet» économique

La croissance et l’emploi constituent les thèmes fédérateurs de l’ensemble des campagnes politiques des partis en lice. Le PPS n’échappe pas à cette tendance lourde. Lors d’une rencontre avec la presse tenue avant-hier, l’état-major du parti a tenu d’abord à faire le point sur la situation économique du pays avant d’entrer dans le vif du sujet. Le constat est sans appel : «Les événements de ces dernières années confirment l’inaptitude du modèle néo-libéral dominant à relever les défis d’une croissance soutenue et créatrice d’emplois, de la lutte contre l’instabilité financière, d’une plus grande égalité entre hommes et femmes et d’une répartition plus équitable des revenus». Faut-il comprendre par là que le parti n’assume pas pleinement le bilan économique du gouvernement auquel il participe ? C’est loin d’être le cas dans la mesure où les membres qui occupent des postes ministériels savent très bien que la marge de manoeuvre est très limitée. Le parti relève que la productivité a régressé. Il ajoute que l’épargne et l’investissement privé sont restés faibles. Toujours en matière de bilan, le parti juge que les équilibres ont été maîtrisés. Ses membres soulignent que les recettes de privatisation ont contribué à la maîtrise du déficit budgétaire mais aussi dans la promotion des investissements directs étrangers. Le PPS relève que la croissance économique est restée faible et erratique sur les dix dernières années. En moyenne, elle n’a pas dépassé les 2%.
Fort de constat, le PPS estime qu’il est impératif de réconcilier l’économique et le social en construisant de nouvelles articulations entre l’intervention de l’Etat et du privé et entre le rôle des pouvoirs publics et celui de la société. Pour le parti, il faut intensifier les efforts pour atteindre une progression de 6% du PIB de la période allant de 2002 à 2012. Quelles sont alors les bases du programme économique du PPS pour atteindre cet objectif alors que l’économie marocaine n’arrive toujours pas à décoller ? Pour le parti, l’Etat doit engager une politique ambitieuse de grands travaux, tels que le logement, la poursuite du programme autoroutier, l’extension du réseau ferroviaire, le plan forestier… Par ailleurs, le parti propose de dépasser la logique exclusivement budgétaire. L’objectif étant d’agir sur les leviers d’actions et préserver la doctrine du respect des normes en matière de déficit budgétaire.
Le PPS propose également de mettre en place un institut de la statistique fiable et indépendant.
Concernant l’Etat, les membres du parti estiment que ce dernier doit consolider son rôle de stratège, de régulateur et d’arbitrage. Sa mission doit consister en l’optimisation et la gestion rationnelle des investissements d’infrastructures lourdes. Quant au secteur privé, le PPS estime qu’il est grand temps que sa mise à niveau soit une priorité pour le gouvernement. Cette mise à niveau ne peut s’effectuer sans une approche sectorielle et une évaluation continue. Selon le parti, il y a lieu de mettre en oeuvre une politique industrielle. Il s’agit aussi d’axer les efforts sur la promotion des secteurs clés de l’économie, notamment l’agro-industrie, le tourisme, les nouvelles technologies, le textile et le logement. Pour les entreprises publiques, l’état-major PPS avance qu’il est nécessaire que l’Etat passe des pactes de bonne gestion et d’obligation de résultat avec les dirigeants de ces structures. Il estime aussi qu’il est urgent de réhabiliter les conseils d’administration dans le rôle d’orientation et de contrôle des entreprises publiques. Pour le parti, la gestion du secteur public doit relever directement de la responsabilité du gouvernement.
Le chantier de la réforme de la fiscalité figure également dans son programme économique. Pour le parti, il faut mettre fin aux amnisties fiscales dans la mesure où elles sont anti-Etat de droit. Il propose la suppression de la TVA sur les crédits bancaires et la patente qui pénalise l’investissement. Selon le PPS, il faut repenser les taxes locales et réduire progressivement les maxima d’impôts tels que l’IGR, l’IS et la TVA. C’est au niveau de l’application de ce programme que le plus gros reste à faire.

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