Le premier chèque du Golfe encaissé

Le premier chèque du Golfe encaissé

La balance des paiements s’est encore relativement améliorée en ce début d’année et les avoirs extérieurs nets sont en passe de retrouver un niveau passablement satisfaisant après le sérieux étiage de l’année dernière. Sauvé par l’encaissement de 1,5 milliard de dollars américains levés en fin d’année dernière sur le marché obligataire international, le solde de la balance des paiements avait fini par sérieusement inquiéter sur les capacités de l’économie à régler ses comptes. Mais si la situation s’est améliorée, le spectre d’une raréfaction des moyens de paiement à l’international reste présent. Des experts jugent, en effet, que le volume des avoirs extérieurs nets ne se constituera pas de manière substantielle tant que la balance commerciale est déficitaire et que les importations progresseront ad valorem plus vite que les exportations. Ce qui, à leur sens, s’inscrit dans la logique de la conjoncture de crise actuelle et commande de réguler plus en avant les achats à l’étranger.
Boostés une première fois par l’encaissement- le 11 décembre dernier- de l’emprunt obligataire réalisé sur le marché américain, les avoirs de la banque centrale se sont établis à 142,7 milliards de dirhams à la mi-décembre. Ce faisant, ils auraient enregistré une hausse de 8,2% et marqué une première progression par rapport à leur niveau d’octobre où ils ne représentaient plus que 3 mois et 24 jours d’importations. De fait, ces réserves se sont montées à 145,4 milliards de dirhams (MMDH) au 18 janvier, soit une nouvelle augmentation de 0,6% depuis le début du mois. Toutefois, ce niveau reste en deçà de l’ancien encours des avoirs extérieurs en accusant un repli de 16,4%, en annuel. Ce à quoi l’encaissement de la 1ère tranche d’aide des pays du Golfe devrait apporter une amélioration aussi substantielle que celle obtenue par effet de l’emprunt obligataire en fonds américains. Sur les 5 milliards de dollars promis par l’Arabie Saoudite, le Qatar, les Emirats Arabes Unis et le Koweït, le Maroc aurait reçu 2,5 milliards comme premier acompte d’une série de décaissements dont le total servira au financement du développement social. Ces fonds serviront, en effet, à financer des projets créateurs d’emploi, des investissements agricoles, la promotion de l’enseignement… En fait, toute réalisation répondant aux attentes des populations et donc, susceptibles de renforcer la résilience économique et sociale qui a épargné au Maroc les troubles que connaît la majorité des pays arabes. Cependant, l’amélioration due à ce nouvel apport serait éphémère si le gouvernement ne prenait pas des mesures tendant à réduire les importations. En fait, les déclarations de certains ministres du PJD donnent à penser que les produits jugés de luxe devraient faire l’objet de taxations internes – les douanières étant mal perçues par l’Organisation mondiale du commerce – propres à en rendre le prix dissuasif. Exemple de ces déclarations, celle qui a été faite par Lahcen Daoudi sur le milliard de dirhams dépensé annuellement en parfums importés ou, dernièrement, sur le chocolat.

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