Le président Benchaâboune remobilise ses troupes et capitalise sur les valeurs et l’histoire de la banque

Le groupe Banque populaire (GBP) n’a pas lésiné sur les moyens pour réussir son 8ème congrès. Vendredi 16 mars, ils étaient près d’un millier de cadres et cadres supérieurs de la Banque populaire venant de toutes les filiales et de toutes les régions dans la salle de conférence du Palmeraie Golf Palace de Marrakech. Aux premiers rangs, on pouvait aussi remarquer la présence de plusieurs ministres, dont Nizar Baraka et Abdelkader Aâmara, mais aussi de personnalités de divers horizons notamment le secteur bancaire comme les responsables de Bank Al-Maghrib ou le GPBM ainsi que le secteur privé avec à sa tête le président de la CGEM, Mohamed Horani.
L’occasion était de taille: le congrès de la Banque populaire est un moment fort de la vie d’une banque mythique et la dernière rencontre de ce genre remonte tout de même à 1999. C’est évidemment le président du Groupe, Mohamed Benchaâboune, qui a ouvert la séance en début de matinée avant de laisser monter au pupitre successivement le ministre de l’économie et des finances puis celui de l’industrie et du commerce. Dans un jeu subtil de rappel des fondements de la culture de la Banque populaire, les interventions étaient entrecoupées d’interludes consistant en des rétrospectives audiovisuelles de l’histoire riche de la banque et de ses valeurs.
Mais contrairement à ce que l’on aurait pu penser, le 8ème congrès de la Banque populaire ne ressemblait pas à l’une de ces banales conventions de cadres, très prisées par les entreprises, pendant laquelle le top management trace habituellement les grandes orientations. Les responsables du Groupe ont préféré faire dans l’utile et l’intellectuel.
C’est ce qui explique d’ailleurs le choix de thématiques, pas forcément et directement liées à la Banque populaire mais en relation avec le métier bancaire et qui ont été développées dans des sortes de tables rondes.
Mais pour mettre en appétit l’assistance, un brillant exposé de l’universitaire français de Paris-Dauphine, Philippe Chalmin, sur les enjeux économiques et financiers de l’après-crise de 2008. Une démonstration de 45 minutes durant laquelle le conférencier a dressé l’état du nouvel ordre économique mondial qui s’est dessiné après la crise pour aboutir au fait que la croissance mondiale sera désormais tirée par les pays émergents, parmi lesquels il a classé le Maroc.

Témoignages d’entreprises
Et pour cela, le Maroc a besoin d’entreprises conquérantes et compétitives. Et c’est là justement où l’apport du système bancaire est très attendu. Un système bancaire qui doit accompagner le tissu économique et contribuer à la croissance. Une thématique qui fera l’objet justement d’une première table ronde dans laquelle deux hauts cadres de la Banque populaire, à savoir Rachid Agoumi, DG de la banque d’entreprise, et Hassan El Basri, DG du risque chez la BP, ont dû apporter la réplique au vécu de patrons d’entreprises en la personne de Mohamed Fikrate, président du Groupe Cosumar, et Bassim Jaï Hokimi, fondateur et président d’Atlamed, un fonds d’investissement porté sur les prises de participations des PME industrielles.
Et comme l’une des valeurs fondatrices de la culture de la Banque populaire est la solidarité, le deuxième panel était un zoom sur le rôle que doit jouer la banque de manière générale et la BP en particulier dans ce qui est communément appelé l’inclusion financière. Une thématique d’abord introduite par le ministre de l’emploi, Abdelouahed Souhaïl, ont succédé d’autres intervenants pour élargir le débat à la responsabilité sociale de la banque. Bancariser davantage de Marocains, élargir l’accès aux services financiers telles étaient les grandes lignes des interventions parmi lesquelles une a particulièrement retenu l’attention. Greta Greathouse, puisqu’il s’agit d’elle, est venue de Haïti spécialement pour livrer son témoignage sur son expérience dans ce pays pauvre et donner des pistes de réflexions. Dans ce pays dévasté par un séisme en 2010 et où la pauvreté et la criminalité atteignent des niveaux élevés, les banques se sont ingéniées, presque par obligation, à trouver les meilleurs moyens pour permettre aux habitants de régions enclavées et non sécurisées d’accéder aux services des banques, de manipuler les moyens de paiement sans risquer d’être volés ou attaqués.

Le mobile banking, une piste pour l’inclusion financière
Entre autres recettes miracles : le mobile banking ou la banque par téléphone mobile. Un type de prestations qui peut parfaitement correspondre aux besoins de la population rurale marocaine. Les responsables du Groupe Banque populaire en sont conscients. D’ailleurs et comme l’a exposé Laïdi El Wardi, directeur général de la banque de détail, le souci de la proximité et de l’inclusion est omniprésent chez la banque. En attestent les deux expériences réussies de guichets ambulants ou encore celle de la fondation Banque populaire pour le microcrédit qui, comme l’a si bien dit son patron, Mustapha Bidouj, est l’antichambre de la banque.
Pour autant, le top management de la Banque populaire est conscient que les efforts déjà importants devront encore être doublés. L’exercice auquel s’est livré le président Mohamed Benchaâboune dans son discours de clôture en dit long sur les ambitions et les appétits de la banque au cheval : plus de proximité avec la clientèle, plus d’implication et d’accompagnement pour les PME et les TPE, plus de solidarité notamment avec des catégories de clientèle encore en marge de la bancarisation. En un mot : une banque encore plus populaire qu’auparavant…

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