Le régime de change décortiqué par Boussaid et Jouahri

Le régime de change décortiqué par Boussaid et Jouahri

La première sortie de Abdellatif Jouahri et Mohamed Boussaid, à propos du nouveau régime, vient démystifier le concept de la flexibilité de change. La réforme fera également l’objet du dialogue continu entre les autorités monétaires, le Parlement, les opérateurs économiques et le grand public.

Aucun impact n’a été observé sur les cours de change depuis l’entrée en vigueur, lundi, du nouveau régime.  Le marché semble fonctionner normalement. De même, le cours du dirham continue toujours à évoluer à l’intérieur d’une bande de +/0,3% et ce malgré l’élargissement de la banque de fluctuation à +/-2,5%. Quant aux cours de change billets de banques étrangers, ils sont restés au même niveau observé avant la réforme. C’est ce que confirme Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib, mercredi 17 janvier 2017, lors d’une réunion conjointe de la commission des finances et du développement économique à la Chambre des représentants et la commission des finances, de la planification et du développement économique à la Chambre des conseillers. Une rencontre durant laquelle est également intervenue Mohamed Boussaid, ministre de l’économie et des finances.

Le passage vers un régime de change flexible ne cesse d’interpeller l’audience sur les enjeux et l’impact de cette réforme. La première sortie de Abdellatif Jouahri et Mohamed Boussaid, à propos du nouveau régime, vient démystifier le concept de la flexibilité de change. La réforme fera également l’objet du dialogue continu entre les autorités monétaires, le Parlement, les opérateurs économiques et le grand public. «Afin d’assurer une transition en douceur vers un régime de change flexible, le Maroc va adopter une approche progressive prudente et une stratégie de communication adaptée à chaque phase de la réforme, en impliquant tous les acteurs économiques, afin de les encourager à participer activement dans ce chantier et leur permettre de s’adapter progressivement à ce nouveau système et de mieux gérer les risques potentiels qui y sont associés», déclare dans ce sens le ministre de l’économie et des finances. La progressivité de la mise en œuvre de la réforme dépend de l’évaluation positive de chaque étape du process. Sur le point opérationnel, Bank Al-Maghrib suivra de très près la mise en œuvre de la réforme, notamment au niveau des établissements bancaires. Conformément aux circulaires de la banque centrale, les banques sont tenues de communiquer à Bank Al-Maghrib au quotidien l’ensemble des informations de leurs opérations de change, notamment celles réalisées pour le compte des Très petites et moyenne entreprises et des particuliers.

Une décision souveraine

Le Maroc n’a pas signé de conditionnalité avec les instances financières internationales. Une précision apportée par Abdellatif Jouahri dans son exposé. «La réforme du régime de change n’a pas été imposée ni par les instances financières internationales, ni par une crise de change comme cela a été le cas dans certains pays qui sont allés directement au flottement avec la mise en œuvre de programmes d’ajustement avec le FMI qui comprennent des conditionnalités fortes liées notamment aux finances publiques et à la libéralisation de leur économie», a-t-il expliqué.

En effet, la décision prise par le Maroc pour migrer vers un régime de change flexible intervient après satisfaction de prérequis et la réalisation d’études relatives à la réforme et de l’évaluation de ses impacts sur l’économie et le pouvoir d’achat. «Nous estimons que le passage à un régime de change flexible servirait de levier pour rehausser la compétitivité de notre économie. Il viendrait soutenir les politiques structurelles du gouvernement», indique à cet effet Abdellatif Jouahri.

Un avis pleinement partagé par le ministre de l’économie et des finances qui n’a cessé de souligner lors de son intervention que «cette réforme constitue un pas en avant vers la consolidation du positionnement de l’économie marocaine au niveau international». M. Boussaid a, par ailleurs, rappelé que cette réforme consacre les réalisations accomplies au niveau du cadre macroéconomique, des réformes structurelles et sectorielles et de l’ouverture de l’économie marocaine sur l’extérieur.

Flexibilité de change : Quel impact ?

Se référant à Mohamed Boussaid, les conditions économiques actuelles du Royaume sont convenables pour initier cette réforme. Ceci revient à la solidité du secteur financier national et à la vigueur des indicateurs macroéconomiques, en particulier le niveau approprié des réserves de change et le contrôle continu de l’inflation. Parmi les objectifs promus par la réforme ressort le renforcement de l’immunité de l’économie nationale pour faire face aux crises extérieures. Le nouveau régime vient également appuyer la compétitivité de l’économie nationale et contribuer au développement de la croissance. Cette mesure permettra, selon le ministre de l’économie et des finances, d’accompagner les mutations structurelles que connaît l’économie nationale, notamment celles relatives à la diversification des sources, son ouverture et son intégration dans l’économie internationale. Notons que le ministère de l’économie et des finances et Bank Al-Maghrib ont effectué conjointement des simulations, et ce sur la base des données disponibles et de l’hypothèse d’une dépréciation maximale de 2,5% du dirham.

Les simulations font ressortir un effet positif sur la croissance. Cet impact est estimé à +0,2 point en 2018. L’impact sur l’inflation serait de +0,4 point, soit 1,9%. «Si on considère les carburants en particulier, une dépréciation de 2,5% du dirham contre le dollar se traduirait par une hausse du prix du gasoil de 1,6%, c’est-à-dire pour un prix  initial  de  9,6 DH/l, la hausse serait de  0,15 DH/l, soit un prix de 9,7DH», peut-on relever de Bank Al-Maghrib.

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