Le surdosage du paracétamol, un poison pour le foie

Le surdosage du paracétamol, un poison pour le foie

La mort subite du joueur international du Raja de Casablanca Zakaria Zerouali dans la nuit du dimanche au lundi suite à une intoxication médicamenteuse remet la question du surdosage du paracétamol sur le devant de la scène. Zerouali aurait consommé trois boîtes de paracétamol en l’espace de 24 heures. Un surdosage qui aurait eu un impact direct sur son état de santé en «détruisant complètement le foie et causant une cytolyse». Le paracétamol présente une toxicité pour le foie dès lors que l’on dépasse les doses usuelles comme le souligne Dr Mohamed Abdelmoumen Mahly, chef de la division de la pharmacie au ministère de la santé, tout en précisant que «certaines personnes métabolisent le paracétamol moins bien que d’autres». A partir de quelle dose y a-t-il danger? «La dose maximale est de 6 g répartie sur toute la journée en respectant un intervalle de 4 à 6 heures entre 2 prises. Au-delà de cette dose, la personne présente des problèmes hépatiques», souligne Dr Mahly. Interrogé à ce sujet, Dr Narjis Badrane du Centre antipoison et de pharmacovigilance ( CAPM) explique : «Une fois que l’on dépasse la dose prescrite, il y a un risque de développer une hépatite qui se traduit par la destruction des cellules hépatiques». Dans le cas d’un surdosage, les mécanismes d’inactivation deviennent insuffisants pour traiter la totalité du métabolite toxique qui s’accumule dans le foie. «La destruction du foie va toucher d’autres organes, à savoir le cerveau (coma) et le rein (insuffisance rénale). Il faut aussi relever des troubles de coagulation qui peuvent entraîner une hémorragie», précise Dr Badrane. Selon cette spécialiste, la toxicité du paracétamol peut dans certains cas cibler directement les reins. S’agissant des intoxications au paracétamol, Dr Badrane affirme que «500 cas ont été déclarés au Maroc de 1989 à 2008».
Un chiffre qui reste sous-estimé dans la mesure où bon nombre de cas ne sont pas notifiés au CAPM. Pour ce qui est des signes cliniques, durant les heures qui suivent le surdosage, la personne est asymptomatique. Une insuffisance hépatique aiguë s’installe de manière silencieuse et ne se révèle que deux à trois jours après l’intoxication. «Il faut relever 3 phases. Durant la première (1 à 24 h), l’intoxiqué ne présente aucun symptôme excepté parfois des nausées, vomissements. Durant la 2ème phase (24-36 h) on constate des perturbations au niveau des enzymes hépatiques après un bilan sanguin. A partir de la 36ème heure, plusieurs signes cliniques se manifestent, à savoir un ictère ou jaunisse (coloration jaunâtre de la peau), des troubles de la conscience qui peuvent conduire au coma, un risque d’hypoglycémie et une perturbation du bilan biologique. A ce stade, l’insuffisance hépatique devient irréversible et peut évoluer vers le décès», explique-t-elle. Le paracétamol est vendu sans ordonnance. Pour éviter les cas de surdosage, ne faudrait-il pas procéder à la prescription par le médecin des médicaments à base de paracétamol?. «Ces médicaments ne sont prescrits dans aucun pays dans le monde. Il est inconcevable qu’à la suite d’une rage de dent à 10 heures du soir d’aller consulter un médecin pour une prescription au paracétamol». Toutefois, Dr Badrane reconnaît que certains organismes étrangers tels que Food and Drug Administration ( FDA) ont décidé de diminuer le nombre d’unité au niveau de l’emballage. «Au Maroc, cette décision qui doit être prise par la direction des médicaments, l’unité de pharmacovigilance et les laboratoires n’est pas à l’ordre du jour», conclut-elle.

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