Le tapis marocain : Défendre la qualité

Les doigts agiles qui survolent les métiers de tissages se seront activés pour rien l’année dernière. Le tapis marocain, riche en couleurs et créativités s’est mal vendu. Et les derniers chiffres annoncés en témoignent.
La crise du marché mondial du tapis a également enregistré un recul. «C’est un problème complexe du fait que les entrepreneurs n’ont pas su garder le niveau réalisé dans le marché international, en matière de normes et de concurrence», argumente un observateur du secteur. Et d’ajouter qu’«ils sont restés à la traîne du fait qu’ils n’investissent pas dans la recherche. Les entrepreneurs en possèdent les moyens, mais ne répondent pas aux exigences de gestion de la commercialisation». En effet, la baisse des exportations, durant les trois premiers trimestres de l’année 2001 a été endiguée à moins d’un pour cent. Sur une production de 600 000 mètres carrés, 400 000 mètres carrés sont exportés vers l’Allemagne, soit 76% de la quantité produite. Explications. «Des intrus à la profession ont porté préjudice au secteur.
Les répercussions en matière d’exportation résultent de la confection des tapis de mauvaise qualité », indique-t-on. Le contrôle effectué par les pouvoirs publics n’est pas normatif. Il se fonde sur les dispositions légales, et s’établit sur la base de constats à l’issue des visites des techniciens. Mais, il reste qu’en matière d’exportation, le contrôle de la qualité n’est pas effectif et l’examen normatif n’intéresse essentiellement que la laine. D’autres facteurs ont poussé au recul des exportations. Ainsi, toujours de même source, les entreprises productrices de tapis ne respectent pas les engagements stipulés dans les contrats. Aussi, souvent les livraisons se réalisent hors délais. Par ailleurs, la concurrence se fait de plus de plus ardue.
Les pays asiatiques en raison de la faiblesse de la masse salariale (le travail des enfants) enregistre des prix de revient au mètre carré plus compétitifs. Mais il demeure un fait : les professionnels doivent se prendre en charge. Les pouvoirs publics et notamment le ministère de tutelle prend un ensemble de mesures, telles des réunions ou encore subventionne la mise à niveau. La visite d’Ahmed Lahlimi, ministre chargé de l’artisanat, à Hanovre s’inscrit aussi dans ce cadre.
Toutefois, la préservation de la richesse nationale et du savoir-faire impose un code managéral efficace. A ce sujet, le directeur de l’office marocain de la propriété industrielle, Aziz Bouazzaoui précise qu’ : «il existe une réflexion au ministère de l’artisanat, pour une protection du patrimoine. De plus en plus, la prise de conscience ne se manifeste pas uniquement au niveau national ». En effet, l’arrangement de La Haye permet d’étendre la protection effectuée au Maroc sur 24 pays.
L’importance n’est plus à démontrer. «Beaucoup de spoliation et de violation en matière de dessins et modèles.
La protection encourage la création, elle reste l’ultime recours pour les artisans et les entreprises artisanales afin de préserver leurs innovations», souligne M. Bouazzaoui. Quelle est donc la stratégie adoptée en matière de protection des produits de l’artisanat ? Selon la même source, une action en profondeur est menée, elle s’articule à long et à court termes. De plus, le dernier conseil d’administration de l’office s’est engagé sur un projet relatif à la protection du patrimoine artisanal. De la sensibilisation à la protection.

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