Le textile-habillement à l’heure du social

Réunis en fin de semaine dernière dans le cadre d’un séminaire, l’Association de l’Industrie du Textile-Habillement (AMITH), la CGEM, la CDT, l’UMT, le ministère de l’Emploi et le ministère du Commerce et de l’Industrie se sont engagés à se concerter avec le BIT (Bureau International du Travail) pour le renforcement de la dimension sociale, du processus de mise à niveau et de l’amélioration de la compétitivité du secteur textile. Un plan d’action tripartite a été adopté à l’issue de cette rencontre organisée qui a réuni les représentants du secteur avec les partenaires sociaux et les départements ministériels concernés. Il devra servir de plate-forme non seulement pour le secteur du textile-habillement mais aussi pour toute l’économie marocaine. Le Textile-Habillement est le premier employeur au Maroc avec une main-d’oeuvre féminine représentant plus de 70% de l’effectif. L’activité génère notamment plus du tiers de la valeur des exportations globales des industries de transformation…. Ce poids structurel lui confère un rôle moteur dans la promotion d’une démarche sociale au sein de l’entreprise. Aussi, la réussite du programme pilote sur le travail décent devrait être transposée dans les autres secteurs industriels et non-industriels. Car, comme l’a rappelé le responsable du BIT pour l’Afrique du Nord, Brahim Iouad, la productivité et la compétitivité passent par l’amélioration des conditions de travail. « Nous arrivons aujourd’hui à l’étape décisive de la présentation du plan d’action, prélude à l’application de différentes activités qu’il envisage dans la poursuite des objectifs économiques et sociaux des organisations et des travailleurs du secteur ». Une réforme qui intervient à point nommé d’autant qu’avec les deux grandes échéances attendues courant 2005, l’adhésion de la Chine à l’OMC et le démantélement des accords multifibres, il faudra une véritable panacée pour maintenir le secteur compétitif à l’international. Le compte à rebours a déjà commencé et, d’ici le 31 décembre 2004, l’industrie marocaine du Textile et Habillement doit être prête à faire face à ce bouleversement en engageant les réformes nécessaires. Pour résister à la concurrence sur le marché intérieur et élargir son potentiel d’exportation, le secteur du textile-habillement doit donc intégrer la donne sociale dans ses priorités. Vu l’engagement des industriels et des pouvoirs publics, ce plan d’action a toutes les chances d’aboutir. « Nous allons travailler, la main dans la main, dans le cadre du partenariat entre le pouvoir public, les partenaires sociaux et le BIT, pour traduire dans les faits les principes du programme pilote sur le travail décent au Maroc, selon un calendrier précis », a indiqué le ministre de l’Emploi, des Affaires sociales et de la Solidarité, M. Mustapha Mansouri. Pour sa part, le président de l’Amith, M. Salah Eddine Mézouar, a insisté sur la dimension sociale indissociable de la mise à niveau. L’Amith s’est engagée à faire adhérer les professionnels à la stratégie d’entreprise et à promouvoir le social. La formation, la conception et l’amélioration des conditions de travail, d’hygiène et de sécurité seront les axes de cette démarche. Actualité oblige, les syndicalistes présents ont insisté, quant à eux, sur le nouvel environnement du travail né de l’adoption d’un nouveau code de travail. Ils ont parallèlement appelé la professionalisation du secteur des textiles et l’avénement d’une gestion d’entreprise rationnelle pour accompagner l’évolution du secteur. Pour traduire les importantes dispositions prises en actes concrets, les participants se sont convenus de dresser un état des lieux du secteur et d’en dégager les perspectives d’avenir. Quelques grands thèmes ont été retenus : le programme pilote de promotion du travail décent, l’expérience des autres pays et l’état d’avancement au Maroc, le travail décent et la compétitivité du secteur textile-habillement marocain, le dialogue social et les stratégies de développement et le plan d’action national visant à améliorer la compétitivité du secteur par la promotion du travail décent. L’Etat s’est engagé à entretenir des coopérations techniques avec les organismes internationaux et les Etats qui disposent de l’expérience sur la question. L’objectif, c’est de trouver les moyens de financements de certains projets comme les programmes de lutte contre le travail des mineurs dont l’éradication figure en bonne place dans le concept du travail décent. Pourvu seulement que les actes suivent.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *