Le trafic juteux de médicaments en ligne

Les USA sont le seul pays industrialisé qui n’impose aucun contrôle sur les prix des produits pharmaceutiques. C’est pourquoi, de nombreux américains se voient contraints de recourir à d’autres alternatives, bien qu’elles soient périlleuses, pour s’approvisionner en médicaments à bas prix. Ainsi, pour économiser jusqu’à 80% de leurs dépenses consacrées aux médicaments sur ordonnance, les ménages américains se rendent au Canada pour s’approvisionner ou dans la plupart du temps préfèrent obtenir leurs traitements auprès des officines en ligne, qui échappent au contrôle des autorités sanitaires et fiscales. Les différences avec les pharmacies américaines vont du simple au double, parfois beaucoup plus. Ainsi, les mêmes cachets de Tamoxifen, un médicament contre le cancer du sein, coûtent 18 dollars au Canada, contre 177 dollars aux Etats-Unis. Les laboratoires américains se défendent en expliquant qu’ils financent la recherche pharmaceutique, dont profite le reste du monde. »La commercialisation des produits pharmaceutiques via Internet est un phénomène inquiétant », indique l’administration américaine chargée de la sécurité des produits alimentaires et pharmaceutiques (FDA), affirmant que « ce commerce constitue une menace pour la santé publique car la vente de médicaments doit obéir à une réglementation rigoureuse, à des connaissances très pointues des effets des substances chimiques et à des règles de prescriptions et de conservation » Or, sur Internet, « les règles de déontologie et de précaution ne sont pas respectées car les vendeurs de médicaments en ligne ne cherchent qu’à consolider leurs gains et chiffres d’affaires », souligne le porte-parole de la FDA, appelant le Congrès et la Maison blanche à mobiliser les ressources et moyens nécessaires pour faire face à ce fléau qui est en train de gagner du terrain. D’après une enquête publiée par le quotidien USA-Today, la Toile est devenue, par le biais d’un réseau de pharmacies virtuelles, un important distributeur de médicaments prescrits habituellement sur ordonnance. « Ce créneau est un marché juteux qui, loin des considérations médicales, s’apparente à un trafic de drogue », soulignent les auteurs de cette enquête, financée par l’industrie pharmaceutique américaine. • MAP « Quiconque peut obtenir facilement sur Internet des antidépresseurs, des analgésiques, des anxiolytiques et d’autres produits contenant des opiacés. Prescrits uniquement sur ordonnance en raison du risque élevé d’accoutumance, ces médicaments dangereux sont désormais accessibles sur de nombreux sites de pharmacies », relève l’enquête. Selon USA-Today, le trafic d’antidépresseurs sur la toile est un business florissant en Amérique, citant à cet égard le cas d’une petite pharmacie en ligne au Texas, onlineMed.com, devenue, dans un temps record, l’une des grandes distributrices de substances sous contrôle dans cet Etat.

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