Le yuan monte face au dollar

Le yuan monte face au dollar

Quatre-vingt-treize parlementaires américains ont signé une lettre exhortant les chefs de file démocrates de la Chambre des représentants à mettre à l’ordre du jour le vote d’une proposition de loi intransigeante à l’égard de la politique de changes de la Chine, ont fait savoir lundi les services d’un des représentants. La Banque populaire de Chine a établi mercredi le pivot, soit le taux de référence à partir duquel le yuan peut monter ou baisser de 0,5% chaque jour, à 6,7250 contre 6,7378 mardi. Sur le marché spot, le yuan se traitait de fait en hausse à 6,7362 par dollar, après un pic post-réévaluation de 6,7330, contre 6,7463 mardi en clôture. Au plus haut, le gain du yuan était de 1,29% par rapport à un plus bas de 6,8196 touché le 2 septembre. Sa hausse était de 1,38% depuis que la banque centrale a renoncé à ancrer la monnaie nationale au dollar, le 19 juin. Le yuan a gagné 1 en cinq jours, suivant le fixing de la Banque populaire de Chine, mais les cambistes remarquent que la hausse coïncide avec le recul de 1% de l’indice du dollar durant la même période, et ils ajoutent qu’il paraît peu vraisemblable que le yuan tombe en deçà de la barre psychologique de 6,7 par dollar. «La pression des USA est peut-être la raison fondamentale qui a amené la banque de Chine à laisser le yuan s’apprécier dernièrement mais la faiblesse généralisée du dollar est par ailleurs un prétexte facile», dit un cambiste d’une banque européenne à Shanghai. «Si les choses en viennent à échapper à tout contrôle, la Banque de Chine peut tout aussi bien prendre prétexte d’un rebond généralisé du dollar pour faire baisser fortement le yuan». En définitive, disent les cambistes, il faut éviter que Washington ne place Pékin le dos au mur en déclarant que la Chine manipule les taux de change. «La Chine accepte de laisser s’apprécier le yuan périodiquement en échange de délais de grâce, acceptés internationalement, pour réformer progressivement son régime des changes», explique un cambiste d’une grande banque commerciale chinoise à Shenzhen. «Une accusation officielle des Etats-Unis risquerait très probablement de mettre un terme à ce marché», ajoute-t-il.

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