L’économie marocaine vue par un responsable de la Banque Mondiale

Le Maroc a fait le choix de l’intégration dans l’économie mondiale, mais ce choix pose des défis, estime Nicolas Stern, un haut responsable de la banque mondiale. M. Stern qui animait jeudi à Casablanca, une conférence-débat sur le thème «Globalisation, croissance et pauvreté ? Défi d’inclusion», a précisé que l’adhésion du Maroc à l’OMC, à l’accord d’association avec l’Union Européenne et les accords multilatéraux et bilatéraux avec les pays arabes confirment l’ouverture de l’économie marocaine sur le monde, ajoutant que plus récemment, les réformes conduites dans le secteur des télécommunications et, dans une moindre mesure, dans celui du tourisme, ont montré la capacité des entreprises domestiques à bénéficier de cette ouverture. Mais cette ouverture, a-t-il noté, ne va pas sans poser un double défi, au niveau de l’ajustement des prix dans le secteur agricole et de l’industrie et des services. Dans le secteur agricole, a-t-il expliqué, la structure des prix instaurée pendant les années 80 a sans aucun doute démontré l’aptitude des agriculteurs marocains à répondre aux signaux des marchés, mais il s’est demandé si aujourd’hui, ces signaux sont corrects ? Ajoutant que la structure des prix montre ses limites avec une production de blé tendre très vulnérable aux éléments climatiques et une productivité en baisse pendant les années 90.
D’un autre côté, a ajouté M. Stern, la croissance dans le secteur industriel manque de dynamisme alors que les pressions concurrentielles vont s’accentuer avec le démantèlement tarifaire en cours dans le cadre des différents accords commerciaux.
La compétitivité des entreprises marocaines dépend de la mise en place de réformes structurelles et d’un cadre institutionnel devant éliminer les contraintes à la création et l’extension des entreprises. Ces contraintes peuvent provenir, a-t-il indiqué, de barrières à l’entrée résultant souvent d’une faible concurrence ou contraintes bureaucratiques. Elles peuvent aussi provenir d’un manque de concurrence dans le secteur financier ou de monopoles dans le secteur du transport aérien par exemple, a-t-il dit.

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