L’économie résiste malgré un moral faiblissant

La confiance des ménages et entreprises en zone euro, entamée par le pétrole cher, continue de fléchir, mais l’économie montre aussi des signes de résistance, ce qui contribue à nourrir l’appréciation spectaculaire de l’euro face au dollar.
L’indice de confiance économique, qui résume l’opinion des chefs d’entreprise et des consommateurs, a baissé à nouveau en février comparé à janvier, de 1,6 point à 100,1 points, selon une enquête de la Commission européenne publiée vendredi. C’est son plus bas niveau depuis décembre 2005. Cette contre-performance s’inscrit dans une tendance à la dégradation entamée depuis déjà plusieurs mois, et perceptible particulièrement dans les services. «La nouvelle baisse du sentiment économique dans la zone euro met en évidence les risques de plus en plus forts pesant sur la croissance», a commenté Howard Archer, économiste à l’institut Global Insight. En cause, «la détérioration de l’environnement mondial, le resserrement des conditions de crédit, les turbulences sur les marchés financiers, l’euro très fort et les prix record du pétrole», souligne l’économiste. Les prix de l’or noir, qui atteignent de nouveaux sommets au-dessus de 100 dollars le baril, outre qu’ils handicapent l’activité, alimentent aussi une forte inflation. Elle a atteint 3,2% sur un an en janvier en zone euro, son plus haut niveau depuis plus de dix ans, a confirmé vendredi l’office européen des statistiques. Ensemble, cette hausse des prix et le ralentissement de l’activité constituent un mélange dur à absorber pour l’économie européenne. Il fait craindre un scénario de «stagflation», alliant croissance en berne et forte inflation. La Commission européenne vient d’ailleurs de nettement revoir en baisse la semaine dernière ses prévisions de croissance pour la zone euro en 2008, à seulement 1,8%, et élevé parallèlement son pronostic d’inflation. Malgré tout, l’Europe montre aussi des signes encourageants, qui devraient lui permettre d’éviter un ralentissement aussi brutal qu’aux Etats-Unis. Parmi les bonnes nouvelles, le taux de chômage en zone euro, est resté stable à 7,1% en janvier, inchangé par rapport à son plus bas niveau historique atteint le mois précédent, selon des chiffres publiés vendredi. Aux Etats-Unis, la situation continue à se dégrader sur le marché de l’emploi. Ce qu’a d’ailleurs souligné cette semaine le président de la Réserve fédérale américaine (Fed) Ben Bernanke. Autre signal plutôt positif en Europe, les ventes de détail en Allemagne, première économie de la zone euro, ont rebondi en janvier sur un an, de 0,6% à prix constants, selon des chiffres publiés vendredi. Elles suivent la remontée cette semaine du baromètre de l’institut de conjoncture allemand Ifo, qui mesure le moral des chefs d’entreprise. La hausse a surpris les économistes, qui misaient sur un recul. Problème : ces bons indicateurs européens contribuent du coup à nourrir l’appréciation continue de l’euro face au dollar, qui s’est envolé cette semaine au-delà du seuil de 1,52 dollar. Sa progression depuis son lancement en 1999 frôle désormais les 30%, ce qui pèse sur les exportations européennes, même si dans le même temps la facture énergétique de l’Europe, libellée en dollars, s’en trouve allégée. A l’inverse, la détérioration de la conjoncture américaine ne finit pas de faire chuter le dollar, alors que les analystes tablent sur une nouvelle baisse du taux directeur de la Fed. La Banque centrale européenne (BCE) devrait s’orienter elle vers un maintien du statu quo, un élément de soutien au taux de change de l’euro.

• Sophie Laubie (AFP)

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