L’énergie, composante du développement

L’énergie, composante du développement

L’énergie alimente aussi bien la grogne et l’inquiétude que le rêve. avec un baril de pétrole qui a franchi le seuil de 50$, dans les multiples secteurs professionnels qui dépendent des transports, sans parler des simples automobilistes, la grogne augmente-t-elle. Lors de la conférence – débat, organisée par AOB Consulting, le jeudi 25 novembre, à Casablanca, sous le thème suivant : « Développement durable : entreprise et environnement, enjeux du 21 ème siècle», un large débat à renseigné sur la part des énergies dans le débat futur d’un développement durable maîtrisé.
Dans son introduction du débat, Moulay Abdallah Alaoui, président de la Fédération de l’Energie, a estimé que « le nouveau contexte mondial est plus concurrentiel qu’autrefois, indubitablement plus ouvert et aussi plus complexe et sans doute plus ou moins prévisible ». La nouvelle donne de la politique énergétique impose des initiatives, afin de promouvoir un autre type du développement durable, respectueux des équilibres écologiques.
Aujourd’hui la notion de « Développement durable » fait l’objet d’un large consensus. Ces deux termes se définissent et se complètent mutuellement.
Le développement sans respect de l’environnement ne peut pas porter ses fruits. Un tel développement engendre, en effet, des déséquilibres , des dysfonctionnements et des blocages qui, tôt ou tard, remettront en cause le développement durable. « Néanmoins se préoccuper de l’environnement en oubliant le développement n’est pas envisageable. De fait, il s’avère que sans développement, les inégalités tant sociales que territoriales s’aggravent, cela engendre également des déséquilibres et des blocages », précise le président de la Fédération de l’Energie.
De son côté , Maximilien Rouer, co-fondateur et président de BeCitizen et membre du Conseil national du Développement durable dépendant du Premier ministre français, estime que les énergies renouvelables, si prometteuses qu’elles soient, ne sauraient à elles seules, apporter la solution, avec l’épuisement des ressources fossiles, la certitude des bouleversements climatiques dus aux émissions de gaz à effet de serre, la perspective d’affrontements géopolitiques en raison d’une offre énergétique très inférieure à la demande du type actuel de croissance. « La priorité des priorités est la sobriété par la maîtrise de la demande », précise l’expert.
Face à ces enjeux, deux principales catégories de scénarios sont en présence. La première propose une vision de l’avenir construite sur un modèle productiviste de développement par l’abondance énergétique, avec des options contrastées de participation des différentes sources primaires au bilan mondial. La seconde catégorie propose un développement par la sobriété énergétique, en accordant une forte priorité à la maîtrise de l’évolution de la demande. A partir d’une analyse détaillée des besoins du développement et des services énergétiques nécessaires à leur satisfaction à moindre consommation. Elle affiche la volonté de repousser simultanément les principaux risques dans le temps. Elle élargit la politique énergétique, traditionnellement consacrée à l’offre, à l’ensemble des secteurs d’activité structurant la demande. Elle accorde donc la plus grande attention à l’aménagement des territoires et aux grandes infrastructures d’urbanisme, de transport, de logement.
Alors que les scénarios « abondants » supposent une mobilisation annuelle de l’ordre de 25 milliards de tonnes équivalent pétrole (tep), c’est-à-dire trois fois plus qu’en 2000, et se heurtent frontalement au mur des risques évoqués plus haut avant 2050, les scénarios « sobres » se contentent de 12 à 15 milliards de tep à la même date.
Dans une perspective à l’an 2100, la divergence entre eux dépasse un rapport de 1 à 5. Au-delà des jeux de la spéculation, la flambée du prix du pétrole, et des matières premières, est due à l’explosion de la demande et à la peur de la pénurie. « En économie de marché, la fonction du prix n’est-elle pas précisément d’annoncer, d’anticiper la pénurie ? », s’interroge Maximilien Rouer. Dans ce nouveau contexte, une politique énergétique sera celle qui permettra d’atteindre les objectifs économiques d’énergie bon marché et compétitive, les objectifs stratégiques de sécurité d’approvisionnement et d’indépendance énergétique mais aussi les objectifs environnementaux, et enfin, les objectifs sociaux qui consistent à assurer à tous, y compris aux plus démunis, l’accès à l’énergie . « Pour atteindre ces objectifs structurels, il faut une politique énergétique diversifiée et maîtrisée », estime My Abdellah Alaoui.

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