L’entreprenariat laisse à désirer

Les créateurs d’entreprise ne sont pas légion. Du moins, si l’on en juge par les propos d’Ahmed Ghnaoun, responsable du département assistance auprès de la Fondation Banque Populaire pour la création d’entreprise. Selon lui, l’acte d’entreprendre laisse à désirer. Comment alors stimuler l’investissement? Le recours au financement bancaire ne peut, à lui seul, constituer la solution pour sortir du marasme actuel.
Il déplore le manque de culture entreprenariale chez les jeunes diplômés. « A l’instar de ce qui se fait au niveau international, il faut prévoir des modules de formation au sein des écoles marocaines pour développer cet esprit chez les étudiants », soutient M. Ghnaoun. « Ce n’est pas parce qu’on est en chômage qu’il faut impérativement se mettre à son compte », lance-t-il. En d’autres termes, la création d’entreprise ne doit pas constituer un palliatif au chômage. « C’est l’une des erreurs monumentales à laquelle on assiste tous les jours », soutient-il. Et d’ajouter : « la clé de réussite d’un projet dépend en grande partie de la conviction de son promoteur ».
Etre convaincu de son projet est élémentaire mais lorsqu’on sollicite un financement de la part d’une banque, les choses se compliquent. Il est vrai que les institutions bancaires sont méfiantes à plus d’un titre. « Auprès des banques, l’évaluation du risque se base sur plusieurs critères légitimes », indique M. Ghnaoun.
Accorder un crédit à un jeune promoteur qui souhaite se lancer dans une activité saturée est refusé d’office, précise-t-il. D’où donc l’utilité de bien choisir son créneau. Opter pour une activité nécessite alors l’élaboration d’une étude de faisabilité pour déterminer les opportunités à saisir. Rares sont les jeunes entrepreneurs qui réalisent ce genre d’études, nous ont confié plusieurs responsables au sein des organismes bancaires. Un avis partagé par M. Ghnaoun qui estime que cet élément fait défaut dans les dossiers dans jeunes entrepreneurs qui veulent créer leur entreprise.
Au moment où le nouveau projet sur les nouvelles règles d’octroi des crédits jeunes promoteurs est en gestation au niveau du département des Finances et de la Privatisation, l’attentisme est de mise chez les banques. Auprès du département de Oualalou, les langues ne se diluent pas rapidement. On nous a indiqué que le projet est bien avancé. Pour l’heure, les jeunes entrepreneurs frappent à toutes les portes en espérant que leurs projets voient le jour. La présence de plusieurs structures de conseil et d’accompagnement, notamment les Chambres de commerce et les Centres régionaux d’investissement leur facilitent les démarches. Du moins, sur le plan juridique. Reste maintenant à trouver le financement. Chaque futur chef d’entreprise déploie ses moyens et son relationnel pour convaincre une banque de la place de l’intérêt de son projet.
Encore une fois, l’accompagnement est l’une des clés d’une création d’entreprise réussie. Plusieurs structures et associations apportent leurs conseils, soutien et accès au financement aux créateurs d’entreprises. L’idéal c’est que ces organismes apportent un accompagnement sur mesure pour la création d’entreprises à fort potentiel de développement, et ce en partenariat avec des incubateurs. Le concept est d’apporter une formation complémentaire à la création, la mise en contact avec des réseaux notamment internationaux, la mise en relation avec des sociétés de capital-risque et un coaching animé par des chefs d’entreprise.
Avant de se tourner vers ce type d’organisme, encore faut-il avoir un projet qui tienne la route. En Hexagone, par exemple, le réseau France Initiative s’appuie sur 228 plates-formes d’initiatives locales ; il a octroyé, l’année écoulée, quelque 32 millions d’euros de prêts d’honneur à près de 7.000 créateurs. Ces prêts d’honneur permettent de mobiliser plus facilement les prêts bancaires, dans la mesure où le financement est l’une des contraintes majeures auxquelles se heurtent les jeunes créateurs, notamment sous d’autres cieux.

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