L’épidémie d’Ebola débattue lors des Atlantic Dialogues: La communauté internationale pointée du doigt

L’épidémie d’Ebola débattue lors des Atlantic Dialogues: La communauté internationale pointée du doigt

En plus d’être souvent cité comme l’un des défis auxquels doivent faire face les pays de la région, l’épidémie a monopolisé le débat du panel dédié à la question de la sécurité sanitaire.

L’un des temps forts de ce débat était l’intervention en vidéoconférence, depuis la capitale libérienne, du ministre député de la santé du Liberia. Celui-ci s’est voulu plutôt rassurant, «Nous commençons à contrôler l’épidémie. Pendant longtemps, le virus nous dépassait, aujourd’hui je pense qu’on a pris de l’avance.

Le nombre de cas n’augmente plus», a-t-il déclaré. Questionné sur les priorités du gouvernement libérien, le ministre a affirmé : «Nous nous activons d’abord pour combattre Ebola, puis pour reconstruire notre système de santé». C’est justement cette faiblesse des systèmes de santé des pays touchés qui était l’élément central des diverses interventions du panel. «Ebola n’a fait que mettre en relief la faiblesse des systèmes sanitaires en Afrique de l’ouest», a affirmé Dr. Deborah Birx, coordinatrice pour les Etats-Unis de la lutte internationale contre le Sida.

Raj Panjabe, médecin libérien pratiquant aux Etats-Unis et président de l’ONG «Last mile health» a, quant à lui, avancé des chiffres pour le moins alarmants. «Au Liberia, il y a un médecin pour 28.000 habitants. Pour mettre cela en perspective, cela équivaut à avoir 8 médecins pour toute la ville de New York». Un constat d’autant plus inquiétant si l’on considère le nombre de virus et de maladies contagieuses qui sévissent dans ces régions. «La première personne touchée par l’Ebola cette année était un enfant de deux ans, qui est décédé après avoir contaminé sa famille et plusieurs personnes de son village. Il a fallu plus de trois mois et plusieurs décès avant que l’Ebola ne soit diagnostiquée», a expliqué Panjabe, notant la nécessité d’une réforme et la restructuration en profondeur des systèmes sanitaires de ces pays.   

Un constat partagé par Paul Farmer, professeur de santé mondiale et de médecine sociale à l’université de Harvard, qui n’a semblé avoir aucun doute sur les raisons de la gravité de l’épidémie. «L’épidémie est hors de contrôle parce que nous avons des systèmes sanitaires faibles. Cette responsabilité incombe à l’ensemble des pays du monde, et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a elle aussi une part de responsabilité dans cet échec».

Intervenant elle aussi depuis Monrovia, Kris Togerson, agent de liaison de Médecins sans frontières (MSF) au Liberia, a, à son tour, souligné la responsabilité de la communauté internationale. «Le vrai problème est la lenteur de l’engagement et de la réactivité de la communauté internationale», a-t-elle assuré.

L’importance d’une réaction cohérente et en profondeur de la part de tous les pays du monde s’explique par la multitude de virus capables de provoquer une épidémie similaire à celle d’Ebola. «Nous ne savons pas à quel virus nous aurons affaire après celui-là. Plusieurs virus, comme Ebola, touchent initialement les animaux, mais peuvent rapidement évoluer pour toucher les humains. Nous ne savons pas quelle crise nous devrons affronter après celle-ci», a expliqué Deborah Birx.

Par ailleurs, les participants ont convergé vers la nécessité de fournir les moyens financiers nécessaires pour faire face à cette crise, mais aussi la primordialité du levier humain. «Ces pays ont tout simplement besoin de former du personnel médical. Ils ont besoin de centaines de médecins et de centaines d’infirmiers», a déclaré Paul Farmer.

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