Les aéroports en piste d’envol

Les aéroports en piste d’envol

Un aéroport tous les 150 kilomètres. En parfait accord avec  les normes internationales, le Maroc est plutôt bien desservi. Mais la plupart des 16 aéroports internationaux du Royaume et des 8 nationaux nécessitent une mise à niveau des installations et des pistes. D’autant que, après avoir accueilli entre 6 et 7 millions de passagers l’année dernière, le Maroc table sur 16 millions de passagers à l’horizon 2010. En prévision de ce trafic, le directeur général de l’ONDA, Abdelhanine Benallou, annonce un programme d’investissements de plus de 3 milliards de dirhams sur le moyen terme, d’ici l’horizon 2007.
A tout seigneur tout honneur, la part du lion revient à l’aéroport Mohammed V de Casablanca. La plate-forme de la capitale économique s’attend cette année à un nombre de passagers supérieur à sa capacité d’accueil estimée à 4 millions. La  construction d’un nouveau terminal devra doubler cette capacité d’ici 2008. Autres projets prévus, la construction de 10 pistes de stationnement, un parking-véhicules de 1 400 places, un terminal fret et le réaménagement de l’aérogare. Nouveauté à signaler, l’utilisation des cellules photo-voltaïques pour capter l’énergie solaire et alimenter les halls d’enregistrement et assurer l’éclairage des salles durant la journée.
Du point de vue sécurité, les croisements dans les couloirs menant à l’embarquement entre les passagers arrivants et les partants seront supprimés pour se conformer aux normes internationales. Cet état de fait impose un dernier filtre supplémentaire aux passagers  avant les salles d’embarquement. Pour séparer les deux catégories de passagers, un nouveau tunnel sera nécessaire avec un champignon pour relier l’actuel et le futur terminal. Le programme d’investissement à l’aéroport Mohammed V coûtera 1,4 milliard de dirhams sur la période 2004-2006. L’aéroport de Marrakech connaîtra aussi des changements. Le déplacement de cette plate-forme, trop proche de la ville selon certains, trop étroite en prévision de l’évolution du trafic, n’est plus à l’ordre du jour. Une étude sur la croissance du trafic d’ici 2030 révèle en effet que Marrakech-Ménara peut répondre aux volumes à venir. A condition toutefois de construire un nouveau terminal passager, investissement débloqué par l’ONDA en 2004. Plus de 700 millions de dirhams seront nécessaire entre 2006 et 2007. A noter que l’aérogare low-cost, finalisé, sera inauguré dans quelques semaines. L’ouvrage qui portera le nom «Terminal Atlas Blue» permettra de gagner un tiers du trafic.
A l’instar de Marrakech, l’aéroport de Tanger s’est vu fixé sur son sort à la suite d’une étude. Des extensions seront nécessaires pour un budget global de 90 millions de dirhams. Pour sa part, l’aéroport de Tétouan est concerné par un programme d’extension de son aire de stationnement, achevé en juin, ainsi que d’une amélioration des accès routiers et du parking. Situé à proxmité de la station Azur Mogador, l’aéroport d’Essaouira ne pouvait rester en marge du programme de l’ONDA. L’élargissement de la piste sera nécessaire pour pouvoir accueillir les Airbus A 320. Egalement prévues l’extension de l’aire de stationnement ainsi qu’une bretelle de liaison. Le bâtiment administratif et l’aérogare passagers subiront des liftings.
Pour Ouarzazate, les retouches (14 millions de dirhams) concerneront le bâtiment fret. Renforcement des infrastructures aussi à Dakhla pour 61 millions de dirhams.
De même, un  gros chantier est prévu à Casa-Anfa, appelé à se transformer en un véritable aéroport d’affaires, avec une salle de conférences. Coût du projet : 50 millions de dirhams.
Les aéroports dits secondaires sont aussi concernés ne serait-ce que pour les besoins d’une meilleure accessibilité, pour un atterissage d’urgence ou la lutte contre certains phénomènes (criquets pèlerins).
L’aérodrome de Taza, région difficile d’accès, sera renforcé par une réfection de la piste (11 millions de dirhams). Celui de Zagora pourra bientôt accueillir des avions légers au terme d’un programme de rénovation de 18 millions de dirhams. La fin de l’isolement marquera du coup pour cette ville, la réduction de la dépendance avec Ouarzazate et une connexion accrue avec Agadir et Marrakech. Pour les besoins du tourisme de niche, Béni-Mellal est aussi dans le programme de l’ONDA.
L’Office consacrera une enveloppe de 53 millions de dirhams pour la sécurité de la navigation aérienne. De quoi renforcer le suivi  de l’espace aérien marocain, déjà catalogué parmi les plus sûrs  en Afrique.

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