Les analystes financiers sous-estiment les résultats des banques d’affaires

Étonnant constat que celui tiré de la lecture des derniers résultats trimestriels des banques d’investissements américaines. Les analystes financiers avaient dans leur ensemble prévu des bénéfices par action (BPA) et price earning ratio (PER) inférieurs à ceux finalement annoncés par les établissements concernés. A l’exception notable de Citigroup, dont le bénéfice net par action du premier trimestre 2002 est ressorti à 74 cents, alors que les analystes tablaient sur 78 cents.
Si les analystes, qui s’appuient notamment sur la faiblesse du marché des fusions et acquisitions, ont annoncé des chutes de bénéfices, ces dernières ont été quelque peu sous-évaluées. Dans la plupart des cas, les prévisions ont été légèrement inférieures à la réalité, comme pour Lehman Brothers, qui a annoncé un BPA net de 0,99 dollar par action, contre 0,94 dollar pour le consensus, selon la valeur médiane calculée par l’agence spécialisée First Call. En revanche, pour certains établissements financiers, la différence est nettement plus marquée. Tel est le cas notamment de Morgan Stanley et Goldman Sachs, chez qui la sous-évaluation excède 10 %. Alors que le consensus établi par First Call s’attendait pour Goldman Sachs à un BPA de 0,89 dollar, celui-ci a atteint au final 0,98 dollar.
La différence est encore plus flagrante pour Bear Stearns, chez qui la différence dépasse 35 %. « Cette banque est sans doute moins bien suivie par les analystes que les Morgan Stanley ou Goldman Sachs », reconnaît un analyste. Il faut bien avouer cependant que les résultats des banques d’affaires sont de plus en plus difficiles à prédire, eu égard à l’incertitude du contexte économique. Certains établissements, comme la Deutsche Bank ont même enregistré des pertes pour la première fois de leur histoire ! Il n’empêche que les analystes, encore échaudés par les attentats du 11 septembre et la faillite d’Enron, ont peut-être un peu trop noirci le tableau. «Il s’avère que les réductions de coûts ont été plus efficaces que prévues par les analystes, de même que les gains tirés de l’activité fixed income (placement de l’épargne et des revenus), difficiles en effet à évaluer par rapport aux revenus attendus des opérations de marché», explique un observateur.

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