Les anchois cherchent l’exception

Les anchois cherchent l’exception

Les industriels de l’anchois prennent exemple sur les textiliens. Pour leurs exportations en Union européenne, que ce soit en poisson frais ou en semi-conserves d’anchois, les professionnels marocains veulent entamer des discussions avec la Commission européenne, avec, en ligne de mire, la règle d’origine imposée à toutes les exportations agro-industrielles en Union européenne.
Si les produits marocains, en vertu de l’accord d’association conclu entre le Royaume et l’Union, ne sont pas soumis aux taxes d’importation en vigueur, ce n’est pas le cas des produits provenant d’autres pays. Et c’est là le problème qui se pose avec acuité, spécialement pour l’industrie des semi-conserves d’anchois qui, signalons-le, est la première au monde avec un chiffre d’affaires dépassant les 800 millions DH en 2004.
Et pour cause, avec le poisson qui se fait de plus en plus rare dans les eaux marocaines, les industriels nationaux ont recours à l’importation, notamment d’anchois chilien et argentin.
Après son conditionnement au Maroc, la quasi-totalité de ce poisson est exportée vers des marchés européens, grands consommateurs de ce pélagique. Or, lorsqu’il s’agit de poisson autre que le marocain, les droits de Douane réapparaissent, règle d’origine oblige. D’où l’idée de mener des négociations pour obtenir la levée de l’application de cette règle. Des négociations spécialement voulues par des entreprises françaises, qui sont très présentes dans cette industrie au Maroc et qui sont représentées par la branche poisson de la Fédération des industries des aliments de conserve (FIAC). Deux options seront ainsi à l’ordre du jour de cette réunion qui devrait avoir lieu dans le courant du mois d’octobre : l’obtention d’un contingent de poissons exonéré d’impôt ou tout simplement une dérogation de cette règle d’origine pour toutes les conserves d’anchois faites au Maroc.
Pour Abderrafïi Megzari, président de l’Association marocaine des semi-conserves de poisson (AMASCP), la situation actuelle est plus qu’intenable. «La législation européenne sur la règle d’origine est intransigeante à ce sujet, imposant à tout exportateur de produits alimentaires de signaler leur provenance.
Dans le cas de notre industrie, si le poisson est marocain, aucun droit de Douane n’est imposé, ce qui n’est pas le cas du poisson argentin par exemple qui est taxé à hauteur de 25 % », explique M. Megzari, également directeur général de La Monégasque, filiale de l’ONA qui contrôle près de 40 % des parts de marché.
L’issue empruntée par les industriels marocains jusque-là consistait en une limitation de l’accès au marché communautaire aux conserves faites à base de poissons pêchés dans les eaux marocaines. Le poisson sud-américain est ainsi acheminé vers d’autres marché.

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