Les architectes attirés par le privé

Choisir d’exercer dans le service public ou le secteur privé ? Le débat est d’actualité parmi les jeunes lauréats de l’Ecole nationale d’architecture (ENA). Actuellement, et selon les statistiques tenues par le conseil national des architectes, ceux qui ont choisi de travailler dans les administrations publiques sont de l’ordre de 952 contre 1.595 dans le privé.
Selon un architecte qui a requis l’anonymat «mon choix de quitter l’administration pour le privé s’explique par le manque de moyens dont souffre le service public pour permettre à l’architecte d’exercer dans des bonnes conditions».
Néanmoins, la majorité des architectes optent pour un passage, bref soit-il, par l’administration. «C’est une opportunité pour maîtriser le circuit et aussi développer un réseau relationnel qui servira de base pour le démarrage du cabinet privé», reconnaît- il. Financièrement, un architecte, fraîchement diplômé, reçoit un salaire de l’ordre de 5.000 DH. Avec l’ancienneté, ce chiffre pourra atteindre le niveau de 15.000 DH.
Or, si l’architecte s’installe pour son propre compte, la moyenne du chiffre d’affaires annuel, selon une étude de Créargrie est de l’ordre de 250.000 DH (49% des cabinets).
Paradoxalement, et toujours selon la même étude commanditée par l’ordre national des architectes, 3,7% des cabinets réalisent un chiffre d’affaires supérieur à un million de DH. C’est dire à quel point les disparités sont importantes au sein même des intervenants du secteur privé. Le passage au privé s’effectue généralement dans le cadre d’association entre plusieurs architectes. Ce procédé permet de mutualiser les efforts et se positionner sur le marché surtout à l’égard des grands cabinets aussi bien locaux qu’internationaux. L’administration réussira-t-elle à retenir ses architectes attirés par les opportunités offertes par le secteur privé ?

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