Les armateurs face à la flambée du pétrole

Les armateurs face à la flambée du pétrole

La hausse du carburant inquiète les armateurs de la pêche hauturière. Indexée sur les prix à l’international, cette catégorie de l’activité payait la tonne de fuel à 545 dollars au 24 octobre 2004. Un prix «vertigineux» de l’avis d’un responsable à l’Omnium marocain des pêches (OMP) basé à Tan-Tan. «Sachant qu’il faut entre 200 à 240 tonnes par bateau et par marée, beaucoup de sociétés se demandent si à ce prix-là, il ne vaut pas mieux rester en rade, en espérant que la situation se calme d’ici peu». Le fuel constitue aussi, désormais, le premier poste de dépense chez les navires de la pêche côtière. En effet, malgré la protection dont bénéficie ce segment, indexé sur le prix pratiqué à la pompe, le litre s’est envolé, passant de 3 à 4,5 dirhams.
Par comparaison, pour la pêche hauturière, le prix du litre a varié de 2 à un peu moins de 6 dirhams aujourd’hui. «C’est l’inconvénient d’être indexé à l’international», déclare un cadre de l’OMP. «Quand le baril est à 18 dollars, on exulte, mais dès qu’il augmente, on paye cash. La situation actuelle inquiète parce que jusqu’à présent, nous sommes sur une tendance haussière. La pression est intenable».
Actualité oblige, cette hausse des prix du carburant était au centre de la 3è session ordinaire de la Chambre des pêches maritimes de l’Atlantique centre, tenue jeudi dernier à Agadir. «Le prix du gas-oil a mis plusieurs professionnels du secteur dans une position difficile, qui menace la pérennité de la flotte nationale, toutes catégories confondues», dira le président de la Chambre, Lahcen Bijdiguen, à l’ouverture de la session. Le constat est alarmant, ajoute-t-il, persuadé que la crise actuelle menace la survie de la flotte nationale, toutes catégories confondues. «Si les prix ne baissaient pas à court terme, cela conduirait à l’arrêt définitif de plusieurs unités de pêches».
Pour le moment, aussi tentés qu’ils le sont, les pêcheurs n’ont pas encore agité la bannière de certaines revendications, à l’instar de la France où les professionnels de la pêche et de l’agriculture réclament une détaxation partielle du fuel, le temps d’y voir plus clair.
Mais, tout de même, durant cette réunion, les pêcheurs d’Agadir ont souvent pointé du doigt les prélèvements versés à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). Faut-il les supprimer ?
Ce n’est pas ce que veut la profession, à en croire un armateur qui insiste plutôt sur la transparence qui entoure ces prélèvements d’un côté et, de l’autre, sur des prestations en deça des contributions. Les pêcheurs ont souligné surtout la nécessité de revoir les mécanismes de fixation des prix du gas-oil. Reste à savoir si les sociétés de commercialisation de ce produit, elles aussi soumises aux aléas de la conjoncture, changeront leurs normes.
En tout cas, cette conjoncture est d’autant plus difficile qu’elle coïncide avec les préparations de mise en conformité par rapport à la règle de traçabilité qui devra s’appliquer dès le 1er janvier 2005 à toutes les exportations de produits alimentaires vers l’UE. Se mettre à niveau par rapport à ces normes implique de l’investissement.

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