Les atouts du tourisme Méditerranéen

La rive sud de la Méditerranée occupe une place modeste parmi les destinations mondiales. En 2000, elle a accueilli 35 millions de touristes, soit six fois moins que la rive Nord et 5% du total mondial. D’après une étude de la Mission Economique, ce pourcentage n’a que peu augmenté depuis dix ans (4% en 1990) car après une croissance rapide dans les années 70 et 80, le rythme des entrées a ralenti. Cette moyenne masque des évolutions contrastées. Au cours de la décennie, les entrées ont été affectées par plusieurs « chocs exogènes ». Si la région a profité de l’éclatement de la Yougoslavie (le nombre d’entrées y a diminué de 4 millions entre 1990 et 2000), elle a par contre souffert de la guerre du Golfe et d’autres évènements : dès les attentats de Marrakech en 1994 jusqu’à ceux du 16 mai à Casablanca en passant par plusieurs autres événements. Ces évènements locaux ont souvent des répercussions sur le tourisme dans l’ensemble de la zone. En outre, toute la région souffre aujourd’hui des conséquences des attentats du 11 septembre. Les touristes en provenance d’Europe sont à l’origine des deux tiers des entrées dans les pays méditerranéens devant ceux d’Europe Centrale et de la CEI (9,6%), des pays Méditerranéens, du Moyen-Orient et d’Amérique du Nord (5,9%). Les Européens sont davantage présents au Maghreb (70%), les Américains étant relativement plus nombreux à visiter Israël, la Jordanie, la Turquie et l’Egypte. Le Maroc, lui, attire une clientèle européenne, mais qui n’empêche pas des arrivées touristiques considérables en provenance des USA. La concurrence entre les pays méditerranéens est moins forte qu’il n’y paraît a priori. Non seulement ces pays attirent des clientèles d’origines différentes mais ils ne proposent pas la même offre. La Tunisie est une destination balnéaire, Israël est une de destination culturelle, lorsque l’Egypte et la Turquie sont des destinations balnéaires et culturelles. Le Maroc reste à cet égard confiné dans son statut de destination culturelle, quelque peu élitiste, même si les efforts du gouvernement vont dans le sens d’améliorer l’offre en matière de balnéaire, notamment par la mise en place du Plan Azur qui prévoit la création de 6 stations balnéaires. A l’intérieur d’un même pays, les objectifs des visiteurs diffèrent selon leur nationalité d’origine (l’Egypte et la Turquie sont des destinations balnéaires pour les Allemands et les touristes du Moyen-Orient et davantage culturelles pour les Anglais et les Français). Les différences portent également sur les gammes de prix : une semaine en Tunisie coûte à peu près aussi chère qu’une semaine en Turquie (ce sont souvent les mêmes tours opérateurs qui proposent ces deux destinations) alors que les dépenses moyennes des touristes au Maroc sont proches de celles réalisées en Egypte. L’autre différence concerne la saisonnalité. A l’exception de l’Egypte et de la Jordanie, l’été est partout la haute saison. Ainsi 40% des entrées se font au cours du troisième trimestre en Turquie ; ce pourcentage est de 35% en Tunisie et au Maroc. Ces différences ont tendance à s’estomper. Ainsi, la Tunisie cherche à promouvoir une alternative au balnéaire alors que le Maroc investit dans le tourisme balnéaire. En outre, la concentration des grands opérateurs mondiaux aiguise la concurrence entre les pays.

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