Les banques françaises tissent leur toile en Europe

«Ce sont des pays en rattrapage, avec un taux d’équipement de produits financiers pour les ménages inférieur à la moyenne européenne et des marges nettement plus élevées», commente Alain Dupuis, analyste de la maison de courtage Oddo Securities.
«Surtout dans le cas de la Grèce et de l’Italie, vous ne prenez pas de risque de change, comme c’est le cas, par exemple, en Turquie», ajoute-t-il. Les variations de taux de change peuvent y être assez "brutales" au point que Denizbank, la banque turque rachetée fin mai par Dexia pour près de 2 milliards d’euros, «vaut aujourd’hui 15 à 20% de moins», assure-t-il.
Coup sur coup, le Crédit agricole a réalisé deux opérations de croissance externe : fin juillet, il a déboursé un milliard d’euros pour prendre une participation de 50% dans Fidis, filiale de services financiers de l’italien Fiat.
Puis, lundi 7 août, à l’issue d’une OPA lancée le 13 juin, la banque française a atteint son objectif de détenir au moins 40% du capital d’Emporiki, la troisième banque grecque par le nombre d’agences, valorisée à 3,3 milliards d’euros.
La banque verte, qui détenait déjà près de 9% d’Emporiki depuis 2000, n’a pas choisi de se renforcer en Grèce par hasard. En 2005, le marché grec du crédit immobilier a progressé trois fois plus vite que la moyenne de la zone euro, à 33% contre 11%. En ce qui concerne le crédit à la consommation, la croissance a été quatre fois plus rapide, à 28% contre 7%. De même, expliquait le directeur général de BNP Paribas Baudouin Prot pour justifier le projet de rachat de Banca Nazionale del Lavoro pour 9 milliards d’euros, le marché bancaire italien, tout en étant "culturellement proche du marché français", "se développe plus rapidement pour les produits-clés (crédit à l’habitat, crédit à la consommation, assurance-vie), ce qui le rend particulièrement attractif".
Quant aux pays d’Europe centrale et orientale, où la Société générale a pris une longueur d’avance en s’implantant en Roumanie dès 1999, "on peut faire le pari que certains rejoindront à moyen terme la zone euro", éliminant par là-même le risque de change, soutient M. Dupuis.

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