Les banques misent sur le capital-risque

Alors que les filiales des grandes banques américaines et européennes dédiées au capital-risque affichent des contre-performances inquiétantes, les banques françaises semblent plutôt bien tirer leur épingle du jeu. Certes, elles rencontrent davantage de difficultés à récolter des fonds. Le rythme de leurs nouveaux investissements s’est ralenti et elles n’ont pu faire l’économie d’un « nettoyage » de leur portefeuille de participations. Cela dit, dans l’Hexagone, les filiales de banques ont plutôt mieux résisté que les structures indépendantes de capital-risque.
Les réseaux bancaires font désormais durablement partie du paysage du capital-risque, puisqu’en 2000, ils représentaient 53 % des 500 opérations réalisés. En volume, les réseaux bancaires représentent 30 % du marché français, avec près de 300 millions d’Euros investis.
Pour la petite histoire, c’est au début des années 90 que certains établissements financiers français décident de tenter l’aventure du capital-risque. Ils créent alors des filiales ou constituent des FCPI (fonds commun de placement d’investissement). Elles ont été suivies à la fin de la décennie par les compagnies d’assurances comme Axa, Gan ou les AGF. Les acteurs les plus actifs ces dernières années ont été la Financière Natexis Banques Populaires avec 100 millions d’euros investis en 2000, suivie de BNP Paribas et SGAM, de CDC-Ixis, CLAM Private Equity, UI (Crédit Agricole) et ABN Amro.
À l’origine du succès des banques, les multiples avantages dont elles disposent. En effet, les réseaux bancaires bénéficient d’un deal flow (nombre d’affaires) important, notamment grâce à la prospection décentralisée en région. En outre, les équipes de gestion bénéficient directement de l’enseigne du réseau. Certaines banques peuvent compter sur l’expertise sectorielle de filiales, comme la Société Générale avec SG Cowen spécialisée dans les nouvelles technologies.
Pour faire remonter les dossiers tout en respectant la fameuse «muraille de Chine », les banques rivalisent d’imagination. Ainsi, chez Spef Venture, l’équipe de gestion est composée de 16 investisseurs et dispose d’un correspondant dans chacune des 25 Banques populaires régionales. Ces correspondants sont dédiés à la prospection de cibles. En plus d’être investisseurs, les établissements bancaires jouent dans le capital-risque une fonction de collecte de fonds. Ils peuvent alors commercialiser leurs produits directement auprès des particuliers via leur réseau. La clientèle des particuliers étant beaucoup moins volatile que celle des institutionnels, l’influence des souscripteurs sur la gestion est donc plus faible et génère moins de conflits, du moins pour l’instant.

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