Les banques participatives, futurs cracks du digital

Les banques  participatives, futurs cracks du digital

Elles ont intégré les dernières avancées en matière de banque digitale

Un client qui se renseigne sur les caractéristiques du compte bancaire proposé par l’établissement est invité peu de temps après à transmettre à l’agence digitale une copie d’une pièce d’identité pour pouvoir ouvrir son compte à distance.

Les banques participatives qui ont lancé jusqu’à présent leur activité ont tôt fait de démentir la réputation d’archaïsme qui colle généralement à la finance islamique. Les nouveaux établissements ont en effet d’entrée de jeu intégré les nouvelles technologies dans leurs offres. Ainsi en est-il de la filiale participative conjointe de CIH Bank et Qatar International Islamic Bank (QIIB, Umnia bank) qui a démarré effectivement ses activités début août. Elle a mis en service ces derniers jours son service de banque à distance.

L’établissement qui dit être le premier du secteur bancaire participatif à offrir ce type de prestation à la clientèle propose sa solution, Uconnect, à travers le site institutionnel de la banque et ses applications mobiles. Il permet à toute la clientèle de consulter le solde de ses comptes, d’effectuer des virements internes et externes, de commander des chéquiers et de maintenir le contact avec les conseillers clientèle pour toute demande d’information.  Le management de l’établissement annonce en outre d’orés et déjà que d’autres services seront proposés à la clientèle à travers la plate-forme, sur l’année en cours.

L’importance accordée par la banque au digital ressort aussi à travers le soin apporté au site internet institutionnel de l’établissement qui surpasse en ergonomie et en clarté les sites de bien des banques conventionnelles. Ce constat vaut aussi pour l’interface institutionnelle mise en place par la filiale participative d’Attijariwafa bank, Bank Assafa. L’établissement exploite plus encore les possibilités des nouvelles technologies en ayant mis en place un concept d’agence digitale qui vient en renfort de 21 points de service physique établis par la banque à travers le Royaume. Ce concept de service habilite Bank Assafa à grandement optimiser les délais de recrutement de la clientèle en ne négligeant aucune piste de prospection. Par exemple, les conseillers  dédiés de l’agence digitale peuvent proposer les services de la banque à des prospects qui n’avaient initialement qu’un besoin d’information. Un client qui se renseigne sur les caractéristiques du compte bancaire proposé par l’établissement est invité peu de temps après à transmettre à l’agence digitale une copie d’une pièce d’identité pour pouvoir ouvrir son compte à distance.

De la même manière, cette agence prend en charge les demandes de simulation de financement à distance, communiquées aux clients par voie électronique. Étonnement, les banques participatives se montrent encore bien discrètes dans leur communication autour de ces fonctionnalités, à l’inverse des établissements conventionnels qui ne manquent pas de faire connaître régulièrement au public leurs offres en matière de banque à distance.

Il faut dire que l’intégration des dernières avancées en matière de banque digitale coule de source pour les banques participatives. Ces établissements implantés pour la plupart ex-nihilo (5 établissements participatifs sur les 8 agréés au Maroc ont été créés de zéro)«peuvent intégrer avec plus de facilité les dernières avancées en matière de banque à distance», explique Wail Aaminou, directeur au sein d’Al Maali Group, qui intervenait récemment dans le cadre d’une formation sur la finance participative organisée par Bank Assafa. A l’inverse, les banques conventionnelles dont les systèmes métier ont été implémentés de longue date, éprouvent naturellement de nombreuses difficultés à y apporter les ajustements nécessaires pour les faire évoluer, souligne l’expert. Cette situation est évidemment loin d’être une spécificité nationale étant donné que les banques participatives de par leur agilité dans l’adoption des nouvelles technologies parviennent dans la plupart de leurs pays de présence à s’aligner rapidement sur l’offre de banque à distance des établissements classiques, voire à la dépasser. Outre la facilité à intégrer les innovations ce qui pousse aussi les établissements participatifs à miser sur les services digitaux ce sont les éventuelles économies que cela permet. Il est en effet difficile pour ces acteurs de constituer un réseau d’agences conséquent surtout au démarrage.

La banque à distance s’impose dans ces conditions comme la voie la plus indiquée pour recruter de la clientèle sans avoir à consentir de considérables investissements en structures. 

Plus d’une centaine d’agences d’ici la fin de l’année…

Même si elles s’appuient sur les services de banque à distance pour optimiser leurs ouvertures d’agences au démarrage de l’activité, les nouvelles banques participatives n’en établiront pas moins un réseau physique non négligeable. La filiale participative d’Attijariwafa bank, Bank Assafa a démarré depuis début août avec 20 points de service répartis à travers le Royaume, devant être portés à 30 d’ici la fin de l’année.

Umnia Bank pour sa part avait mis en rodage depuis fin mai trois agences à Casablanca et Rabat avant d’inaugurer quelques semaines après de nouveaux points dans 6 autres villes. Vient ensuite Bank Al Yousr qui n’a mis en service pour l’heure que son agence siège à Casablanca mais qui devrait ouvrir bien d’autres points d’ici la fin de l’année.

S’ajoute à cela la fenêtre participative du Crédit du Maroc qui déploie 12 points de vente devant être portés à 30 à l’horizon 2020. Sur la base des intentions déclarées signalons aussi que la filiale participative de BMCE Bank of Africa devrait démarrer cette année avec 25 agences, tandis que les fenêtres de Société Générale et BMCI se positionneront avec 10 et 15 agences respectivement.

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