Les coopératives à l’épreuve

Rares sont les décideurs économiques et politiques qui s’attardent sur le poids des coopératives dans l’économie nationale dans leurs interventions publiques. Et pourtant…elles jouent un rôle primordial dans le développement rural. Il faut bien admettre que ces structures assurent l’intégration de compétences marginalisées par les entreprises formelles, des femmes (228 coopératives avec 9000 membres) et de jeunes diplômés (222 coopératives avec1400 adhérents).
Pour l’année 2001, les 3958 coopératives que compte aujourd’hui le Royaume ont investi 11 milliards de DH. D’un capital global de 7 milliards de DH, celles-ci assurent l’emploi à 35000 personnes toutes catégories sociales confondues. Elles regroupent 255000 adhérents, soit 2,5% de la population active. Du moins, si l’on en juge par les chiffres officiels dévoilés à l’occasion de la 15ème édition du Congrès arabe des coopératives qui vient de clôturer ses travaux au Caire. A en juger par les statistiques disponibles auprès de l’Office du développement de la coopération, les coopératives assurent le traitement de 35% des quantités de lait collectées. Elles produisent 33% du lait pasteurisé, 75% de petit lait. Concernant le riz, les coopératives fournissent la moitié de la production disponible sur le marché national. Ces structures contribuent également dans l’évolution des activités liées aux secteurs de l’habitat et de la pêche.
Le constat étant fait du poids des coopératives dans le développement économique, quelles sont maintenant leurs perspectives d’évolution dans le contexte actuel? D’autant plus qu’elles veulent élargir leur champ d’intervention à d’autres activités notamment l’e-commerce, le conseil en gestion, l’éducation, la formation, et l’animation culturelle et touristique. Les coopératives ne peuvent prétendre sans mettre fin aux contraintes dont elles doivent faire face. Il s’agit notamment des handicaps liés à la gestion, au financement et au manque de formation. Il fait ajouter à cela, une gestion financière souvent déséquilibrée, et une absence d’une stratégie marketing et de budgets destinés à la prospection commerciale.
Plusieurs coopératives continuent de fonctionner selon de vieux principes. Ce qui se traduit par des résultats financiers fragiles voire parfois entraîner l’arrêt définitif de leur activité. Selon Mohamed Bouhaba, responsable auprès de la Direction provinciale de l’agriculture et promoteur de plusieurs coopératives qui interviennent dans la sauvegarde du cheptel dans la région de l’Oriental. Pour ce spécialiste de la question, la loi sur les coopératives entrée en vigueur en 2002 n’est pas adaptée à la spécificité de celles qui interviennent dans cette région. Il estime que cette loi n’a pas pris en considération les spécificités culturelles des éleveurs qui sont pour la majorité des nomades. Ce qui complique l’exercice quotidien de leurs activités sur le terrain. Des propos partagés par bon nombre d’agents d’encadrement.
Notons que l’objectif de la législation amendant la loi 24/83 a pour but d’assurer la mise à niveau des coopératives. L’objectif étant qu’elles jouent pleinement leur rôle dans le développement économique et social du pays. La révision de la loi tourne autour de deux principaux volets. Il s’agit consolider la qualité des prestations de ces «entreprises». Cette loi donne à l’Administration le droit de contrôler l’activité de la coopérative. Le texte vise également à assurer un cadre de gestion plus flexible.
Il faut préciser par ailleurs le nouveau plan comptable spécifique aux coopératives contient les mêmes dispositions d’application de la norme générale comptable (NGC) et celles du plan général des entreprises. Ce dispositif assure un cadre clair à ces établissements pour faciliter l’exercice de gestion, et de contrôle. Ce dispositif vise l’intégration des coopératives dans le processus de normalisation comptable entrepris à l’échelle nationale. Il s’agit d’intégrer la qualité de l’information comptable propre à ces structures.

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