Les coopératives pour une économie plus juste

Crise financière et déroutes en chaîne de plusieurs sociétés multinationales constituent les phénomènes qui ont le plus marqué l’économie mondiale ces deux dernières années. Ces dysfonctionnements renvoient à une caractéristique fondamentale de l’économie mondiale du marché : les multinationales gèrent avec un seul objectif, celui du meilleur retour sur investissement, dans les délais les plus brefs.
Les coopératives se présentent justement comme des alternatives solidaires et sociales qui conjuguent l’économique et le social en répartissant les richesses équitablement. Inscrites dans l’économie de marché, ces structures se distinguent en effet par la nature des relations financières qu’elles entretiennent avec leurs associés-coopérateurs, et ceci à plusieurs niveaux : répartition des résultats entre les coopérateurs, création de richesses impartageables représentatives de l’effort collectif en faveur de leur entreprise commune…Symbole de solidarité économique, l’entreprise coopérative appartient collectivement à ses sociétaires et chacun s’exprime selon la règle : «une personne, une voix». Une différence fondamentale avec les sociétés par actions qui exclut la notion d’actionnaire minoritaire.
Conçues comme outil de développement durable, les coopératives sont néanmoins confrontées aux nouvelles réalités de la mondialisation et des accords de libre-échange.
Au Maroc, le nombre des coopératives s’élève aujourd’hui à 4.619 dont 2896 opérant dans le secteur de l’agriculture, 823 dans l’habitat et 557 dans l’artisanat alors que d’autres sont actives dans les domaines de la pêche, des forêts, de la consommation, des transports et des mines. Ces coopératives regroupent quelque 311.000 adhérents dont la majorité dans le monde rural. Au plan mondial, Les coopératives sont regroupées depuis un siècle au sein de l’Alliance coopérative internationale (ACI 1895). Fondée en 1895, l’ACI compte plus de 230 organisations coopératives internationales et nationales de plus de 100 pays. La Journée internationale des coopératives était l’occasion pour le ministre du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Economie sociale, M. Adil Douiri, de monter au créneau pour situer les contours de l’action gouvernementale relative à l’activité des coopératives. Il en découle que le soutien et la mise à niveau de ces structures se présentent aujourd’hui comme un impératif qui incombe aussi bien à l’Etat qu’aux ONG. Dans cet esprit, son département prépare une série de mesures dans le cadre d’une stratégie globale visant le développement des coopératives.
Au programme : mise à niveau juridique du secteur, mise en place d’un plan d’action pour la mise à niveau des coopératives, ainsi que l’élaboration de programmes en matière de formation et d’information au profit des coopératives.
Les quelles ont également profité de cette journée pour mettre en avant la liste de leurs revendications. Il s’agit en priorité de la simplification et l’unification des procédures administratives vis-à-vis de l’action associative. Dans la foulée des accords de libre-échange récemment signés par le Maroc, les coopératives appellent également les autorités publiques à réaliser une étude sur les répercussions de ces accords sur le plan social. Un impact dont on ignore encore l’étendue.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *