Les cours lâchent plus de 2 dollars après le rapport de l’Opep

Les prix du pétrole lâchaient plus de 2 dollars vendredi en fin d’échanges européens, dans la foulée d’une révision à la baisse des perspectives de demande par l’Opep et alors que les signes de ralentissement économique mondial prolifèrent. Vers 16h00 GMT (18h00 à Paris), le baril de Brent pour livraison en octobre (premier jour de cotation de ce contrat) cédait 2,22 dollars à 111,46 dollars, par rapport à la clôture de jeudi soir, sur l’InterContinental Exchange de Londres. À la même heure, le baril de « light sweet crude» pour livraison en septembre perdait 2,61 dollars à 112,40 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex). Dans son rapport mensuel publié vendredi, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a légèrement révisé ses prévisions de hausse de la demande de brut dans le monde à 1,17% en 2008 contre une précédente estimation de 1,20% à la suite de la persistance du ralentissement économique.
Dans la foulée de cette annonce, les cours du pétrole ont renoué avec les 110 dollars, leur plus bas niveau depuis quatre mois, déjà touché mardi. Ils ont plongé jusqu’à 110,31 dollars à Londres et 111,34 dollars à New York, effaçant les gains enregistrés plus tôt dans la semaine à la faveur d’une baisse des stocks d’essence américains. Cette révision «ne représente pas un changement significatif dans les projections sur l’équilibre du marché, mais elle confirme une fois de plus que l’Opep juge le marché bien approvisionné, un point de vue très différent du nôtre», réagissaient pourtant les analystes, généralement haussiers, de la banque Barclays Capital. Par ailleurs, le marché continue de s’inquiéter de la prolifération de signes de ralentissement économique dans le monde, augurant d’une baisse de la consommation pétrolière. Les économistes redoutent dorénavant l’entrée en récession non seulement des Etats-Unis, mais aussi du Japon et des plus grands pays européens. Les craintes sur la croissance européenne et le spectre d’une possible entrée en récession ont pris de la consistance jeudi avec l’annonce d’une contraction du Produit intérieur brut de la zone euro au deuxième trimestre, une première historique. Cette semaine, le Japon et la Grande-Bretagne ont également averti qu’ils n’excluaient plus une période de récession pour les prochains trimestres. Une décélération de l’économie mondiale risque de peser sur la demande pétrolière, qui a d’ores et déjà reculé aux Etats-Unis. Les automobilistes américains ont ainsi parcouru environ vingt milliards de kilomètres de moins dans le pays en juin qu’à la même période de 2007, soit une baisse de 4,7% de la consommation d’essence. Certains analystes jugent cependant ces craintes exagérées. «La faiblesse de la demande dans les pays de l’OCDE est compensée par la robustesse de la consommation» dans les pays émergents, estime Barclays Capital, ajoutant que «les chiffres des douanes chinoises ont confirmé cette vision jeudi soir» en révélant un niveau record d’importation d’essence au mois de juillet.
La faiblesse de l’or noir est accentuée par le dévissage du prix d’autres matières premières, les investisseurs semblant quitter en meutes ces marchés où ils s’étaient massivement réfugiés au printemps. L’once d’or a ainsi plongé vendredi sous la barre symbolique des 800 dollars.

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