Les crédits de plus en plus difficiles

Le mouvement de concentration qui touche l’industrie bancaire nationale présente-t-il des risques pour les PME? la réponse est oui, du moins en matière de financement. En témoigne l’avis de plusieurs chefs d’entreprise. Ces derniers sont convaincus que l’offre sera de plus en plus réduite, ce qui va, selon eux, se faire ressentir au niveau du financement. Comme ce fut le cas dans d’autres pays, les rachats ou prises de contrôle dans le secteur ont réduit le nombre des interlocuteurs bancaires et appauvri l’offre destinée aux PME. La concentration sera certainement accompagnée par une restructuration profonde des établissements.
L’objectif étant de rationaliser au maximum les coûts. Les enjeux sont de taille dans le sens où le fossé va se creuser entre les organismes bancaires en quête de rentabilité et de réduction du risque client, et les besoins des PME, produits à risque par excellence, qui travaillent dans l’urgence et recherchent surtout de l’assistance et du conseil. La restructuration du marché bancaire aura également des effets au niveau du processus de décision interne. Le chargé d’affaires avec lequel le chef d’entreprise entretient des relations de longue date n’aura plus le pouvoir de décider de l’octroi d’un crédit. L’emprunt se décidera au niveau du département direction des risques. La demande de financement peut prendre alors plusieurs mois. «Le risque c’est que les banques seront déconnectées de la réalité économique du pays», regrette le patron d’une PME. Faut-il alors conclure par là que le marché des entreprises sera moins rentable pour les banques dans la mesure où les risques sont plus importants par rapport au segment des grandes comptes. Les avis sont partagés. Pour les uns, les banques doivent revoir leur stratégie visant les PME-PMI, vu qu’elles représentent l’essentiel du tissu productif national.
Quant aux autres, ils soulignent que les banques sont devenues de plus en plus vigilantes compte tenu du nombre de contentieux qu’elles gèrent. Une chose est sûre : les organismes financiers qui accorderont des crédits aux PME feront en sorte de leur commercialiser des produits supplémentaires.
Dans l’avenir, la mission du banquier consistera surtout à vendre des produits financiers. La marge réalisée sur ces produits et services déterminera en grande partie le produit net bancaire. Le chargé d’affaires se fixe des objectifs de parts de marché et de rentabilité sur son portefeuille de clients, admet un banquier.
Ce souci permanent de productivité justifie entre autres, le fossé entre les motivations des banques et les besoins de l’entreprise. Si les établissements financiers font tout pour diminuer les risques en durcissant les modalités de l’accès au financement, les chefs d’entreprises doivent revoir leurs rapports avec «ces fournisseurs» en faisant preuve de transparence.

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