Les CRI en conclave à Marrakech

Les CRI en conclave à Marrakech

Entamée hier, la messe semestrielle des Centres régionaux d’investissements du Maroc s’achève aujourd’hui. «Il s’agit d’une rencontre normale », relève Mourad Jamaï, directeur du Centre casablancais, fort d’un chiffre rond de 2 400 entreprises créées courant 2004.
Dans l’ensemble, tous les centres régionaux exhibent des bilans satisfaisants au niveau de la création de l’entreprise et des délais d’attente de plus en plus réduits. A Marrakech et à Casablanca, une entreprise peut voir le jour en 48 heures.
Ainsi, pour l’année 2004, plus de 20 000 entreprises ont vu le jour par le canal des CRI. Une année auparavant, l’on était à 13.000.
Mais là s’arrête le satisfecit. Derrière l’optimisme béat, les difficultés sont nombreuses. A commencer par le statut légal de Segma (Service de l’Etat gèré de manière autonome).
En principe cette formule juridique donne pleins pouvoirs aux CRI. Mais sur le fond, s’exprime un responsable, « l’absence d’un statut pour le personnel nous confine à être une société de service efficace certes, mais avec un anglomérat de fonctionnaires relevant chacun en ce qui le concerne, de sa tutelle et fonctionnant sur le modèle du fonctionnariat».
La plupart des cadres, détachés d’autres administration, n’ont pas encore été affectés de manière définitive. Comptant en son sein des directeurs dont certains sont issus du privé, les CRI devraient peut-être prévoir pour le personnel, des objectifs à atteindre, suggère l’un des participants à la rencontre de Marrakech.
Autre problème souvent évoqué, les paiements prévus pour la création des entreprises. Le lien avec des administrations comme la CNSS est encore pour une large part dans le domaine des voeux pieux, cela bien que toute création d’entreprise à travers le CRI signifie l’établissement d’un registre de la CNSS.
De leur côté, les investisseurs obtiennent désormais leur certificat négatif en moins de cinq jours.
Sur cette question de temps, le Maroc rivaliserait avec la France. Seulement, ces entreprises ainsi recensées concernent des investissements inférieurs à 200.000 dirhams, champ au delà duquel ne peut s’exercer la compétence des centres régionaux d’investissements. De même, sont exclues de ce domaine, certaines entreprises de transport. En 2003, dans le total des entreprises créées via les CRI, l’industrie de la transformation, capitalistique, y représente à peine 5%. C’est surtout le secteur des services qui a le plus recours aux CRI avec 82% des entreprises créées via ces institutions.
Avec les banques, le problème est d’un autre ordre. Pour ces institutions, l’entreprise créée en temps record à travers un CRI doit présenter le modèle J en bonne et due forme pour espérer débloquer des crédits.
Bref, plus de deux ans et demi après le discours royal, le champ d’action des CRI est toujours restreint. «Nos structures sont dépendantes du bon vouloir des autres administrations, en particulier des ministères de l’Intérieur, des Finances et de la Justice, lesquels doivent libérer à notre profit des domaines de compétence», résume un directeur de centre, sous couvert de l’anonymat.
Les rapports sont souvent compliqués avec certaines administrations comme les Agences urbaines, souvent jalouses de leurs prérogatives.
Pour la plupart des responsables concernés, le constat est le même: les centres dégagent des résultats encourageants dans un cadre juridique flou. En clair, l’on retombe dans le rapport de la Direction des investissements retraçant l’activité des CRI pour l’année 2003.

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