Les délais de paiement écrasent les entreprises : 10 mois pour se faire payer !

Les délais de paiement écrasent les entreprises : 10 mois pour se faire payer !

Un lien très étroit existe entre défaillance des entreprises et délais de paiement. Les retards de paiement sont à 40% l’un des facteurs qui menacent la vie d’une entreprise au niveau national.

Le Maroc compte environ 9.000 entreprises défaillantes sur son sol. Ce volume ayant grimpé de 8% sur la période 2010-2017 pèse lourdement sur l’économie nationale. De ce fait, le Maroc figure parmi les champions de défaillances au niveau mondial. Il se situe entre la Chine et la Grande-Bretagne, deux pays qui subissent des conjonctures économiques très spécifiques. En témoigne le revirement économique initié par la Chine depuis 7 ans ou encore l’impact du Brexit sur l’économie du Royaume-Uni. Ce constat a été fait lors des rencontres de l’entreprise, un événement initié par Attijariwafa bank et qui traite à chaque fois de thématique conjoncturelle. Le thème choisi pour la rencontre, organisée mardi 3 avril à Casablanca, portait sur les modèles pragmatiques face aux délais de paiement. En effet, un lien très étroit existe entre défaillance des entreprises et délais de paiement. Les retards de paiement sont à 40% l’un des facteurs qui menacent la vie d’une entreprise au niveau national. Les délais ont progressé de manière fulgurante passant d’une moyenne de 6 mois en 2010 à 9,9 mois actuellement. Par taille d’entreprise, le délai de paiement atteint les 9,7 mois pour les TPE, 5,3 mois pour les PME et 3,3 mois pour les grandes entreprises.

Ces délais disparates nous poussent à s’interroger sur la perfectibilité de la loi en vigueur ainsi que sur les raisons qui engendrent ces retards de paiement. «C’est une épidémie installée depuis des décennies au Maroc et qui pénalise notre économie de manière profonde. C’est une plaie terrible que nous vivons, une situation face à laquelle nous devons mettre en place des solutions totalement pratiques et concrètes», souligne dans ce sens Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’industrie, du commerce, de l’investissement et de l’économie numérique. Le débat engagé autour de cette problématique a permis d’identifier certains facteurs qui favorisent toujours les retards de paiement. Sur le plan conjoncturel, Hicham Bensaid Alaoui, directeur du département risques d’Euler Hermes Acmar, énumère le déficit pluviométrique qui a marqué l’année 2016 et qui s’est caractérisé par un contrecoup assez marqué sur l’économie marocaine. Il cite également la vacance gouvernementale observée entre octobre 2016 et avril 2017.

M. Bensaid Alaoui étale également des facteurs d’ordre psychologique tels que le manque de créativité des entrepreneurs et la saturation de certains secteurs. Ces problèmes de normes constatés devraient être palliés d’urgence. L’initiative devrait être engagée tout d’abord par l’administration publique. Son exemplarité apportera un nouvel élan aux opérateurs économiques. Intervenant dans ce sens, Mohamed El Kettani, président-directeur général d’Attijariwafa bank, opte pour la digitalisation comme solution à tous ces maux dont souffre l’entreprise marocaine. «Il est fondamental pour nous d’accélérer la digitalisation. Elle constitue un levier important pour la survie de l’entreprise», a-t-il précisé. Les grandes entreprises ont également un rôle à jouer dans la lutte contre le retard des paiements. Elles doivent servir d’exemple aux petites et moyennes entreprises dans la rigueur et la régularité. Les grandes entreprises doivent ainsi intégrer dans leur code déontologique la problématique de délai de paiement améliorant ainsi leurs trésoreries et par conséquent la compétitivité du tissu économique national.

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