Les démêlés d’Arthur Anderson s’aggravent

L’un des Big Five de l’audit doit gérer une situation qui risque de remettre en cause sa survie. Un nouveau élément vient de le confirmer. Un de ses principaux clients, le géant américain de l’énergie en faillite Enron, soupçonné de pratiques comptables illicites, a continué à détruire des documents au moins jusqu’à la semaine dernière, alors qu’une enquête était ouverte depuis octobre. Du moins, si l’on en juge par les propos d’une ancienne responsable d’Enron diffusés sur la chaîne américaine ABC. Selon elle, la destruction s’est poursuivie jusqu’à ce qu’elle quitte l’entreprise à la mi-janvier. Celle-ci qui était cadre supérieur dans le service du développement international a précisé que beaucoup de documents détruits sont de nature comptable.
Ayant emporté chez elle un carton de lambeaux de papiers pour emballer ses affaires, elle a pu y déchiffrer les mots « confidentiel », elle a remarqué que certains étaient datés du mois de décembre, et elle a reconnu les noms de dossiers parmi les plus sensibles pour la firme de courtage, concernant des véhicules d’investissement qui auraient permis des irrégularités comptables. La direction d’Enron a répondu dans un communiqué que depuis le 25 octobre, le courtier a informé ses employés très clairement qu’ils devaient préserver tous documents et éléments matériels. La compagnie a envoyé quatre courriers électroniques en ce sens entre le 25 octobre 2001 et le 14 janvier 2002″, fait-elle savoir.
La commission américaine des opérations en bourse ayant ouvert le 31 octobre une enquête sur les activités financières d’Enron, toute destruction de document était illégale depuis cette date. Enron, dont le chiffre d’affaires dépassait 100 milliards de dollars, s’est placé sous la protection de la loi sur les faillites début décembre après que des irrégularités eurent été découvertes dans ses comptes. L’avocat William Lerach, qui poursuit enron au nom d’anciens employés et actionnaires, a annoncé sur ABC qu’ill entendait confier ces cartons de documents en lambeaux au système judiciaire, et qu’il envisageait de demander la présence de policiers fédéraux au siège d’enron « pour s’assurer que ces gens se conduisent convenablement ».

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