Les dépôts bancaires des particuliers moins dynamiques en 2017

Les dépôts bancaires des particuliers moins dynamiques en 2017

Sur les 9 premiers mois de l’année, ils progressent de 4,3%

Si les dépôts bancaires des particuliers continuent de s’inscrire sur leur tendance haussière de ces dernières années, leur rythme de croissance est en ralentissement.  Sur les 9 premiers mois de l’année, ils progressent de 4,3%, à 643,8 milliards DH, selon les dernières statistiques de Bank Al-Maghrib. La hausse est légèrement plus prononcée sur une année glissante entre septembre 2016 et le même mois de l’année en cours) à 4,9%. Tendanciellement, l’année devrait se terminer sur ces mêmes taux de croissance, selon ces banquiers, même s’il faut anticiper une petite accélération sur la toute fin d’année du fait des opérations d’embellissement de comptes pratiquées par les établissements en toute fin d’année. Cela fera de 2017 une année en dessous de la moyenne des dernières années tout comme l’était 2016. En effet, la moyenne depuis 2014 est plutôt autour de 6,6% selon les calculs de BAM.

En 2016 déjà un petit décrochage est constaté avec une hausse des dépôts des particuliers de juste 5,6%. Pour apprécier plus finement la situation, il faut bien sûr étudier le comportement de chaque type de dépôts et sous cet angle les décélérations de croissance sont plus ou moins marquées. En effet, les dépôts à vue non rémunérés affichent une progression a priori appréciable de 6,1% depuis le début de l’année, à un peu plus de 370 milliards DH. La progression est même de 7,6% sur une année glissante. Sauf que l’année dernière les disponibilités non rémunérées des particuliers avaient augmenté de 8%, après une hausse de 7% l’année d’avant.

Le compte sur carnet rattrapé par la baisse de ses taux de rémunération

De même, si les ménages continuent bien de renforcer leurs placements en compte d’épargne, le rythme est, là encore, bien moins soutenu. En effet, les particuliers disposent actuellement de près de 150 milliards DH sur leurs comptes sur carnet, en hausse de 4,1% depuis le début de l’année. C’est trois fois moins que la progression moyenne constatée sur les dix dernières années. Le ralentissement a été amorcé l’année dernière déjà avec une croissance de 6%. Il faut croire que le compte sur carnet commence à être rattrapé par la baisse de ses taux de rémunération.

Pour rappel, le taux du compte sur carnet qui est indexé sur les bons du Trésor à 52 semaines, qui atteignait encore 3,74% en 2013, a continuellement baissé depuis cette date jusqu’à un plus bas de 1,66% au deuxième semestre 2016, un niveau inédit même lorsqu’on remonte à la toute première communication par BAM du taux de rémunération minimum du compte sur carnet, en 1983 ! La rémunération a certes un peu repris des couleurs depuis le début de l’année, mais à 1,86% on reste encore loin des niveaux d’avant 2014. Ce qui nous amène aux dépôts à terme (DAT) pour lesquels il est même question de baisse mais moins prononcée que ce qui a été constaté l’année dernière. En effet, sur les 9 premiers mois de l’année l’encours des DAT a reculé de 2,1%, à 101,4 milliards DH, alors que l’année dernière on en était à une chute de 5%, laquelle avait pour précision marqué le premier recul de ce placement depuis 2009. Là encore, c’est clairement la baisse de la rémunération des DAT, librement déterminée par les banques, qui est à mettre en cause. Les établissements de la place étant en effet moins dépendants des ressources de la clientèle, dans un contexte de liquidité confortable pour le secteur bancaire, ils se montrent moins généreux sur leur rémunération.

Le taux des DAT a continuellement chuté depuis le début de l’année : le taux moyen pondéré des comptes à 6 mois, communiqué par BAM, est ainsi passé de 2,93% en janvier dernier à 2,78% en septembre dernier (derniers chiffres disponibles), tandis que ceux à 12 mois ont perdu près de 30 points dans l’intervalle, passant de 3,35 à 3,09%.

Tout juste fin 2014 la rémunération des DAT approchait les 4%. Précisons bien que selon les remontées du terrain même les épargnants qui parvenaient à obtenir des taux bonifiés en faisant valoir différents arguments (importance du courant d’affaires drainé au bénéfice de la banque, consistance des montants placés…) sont moins bien lotis actuellement alors qu’ils parvenaient à obtenir systématiquement des bonifications de 25 points sans forcer la négociation.

Le patrimoine financier des ménages augmente moins vite

Au-delà des dépôts bancaires c’est en fait tout le patrimoine financier des ménages qui progresse moins rapidement que les années passées. Ainsi, selon le dernier rapport sur la stabilité financière, diffusé par Bank Al-Maghrib, à fin 2016, les actifs détenus par les particuliers ont augmenté de 5,2%, alors qu’ils avaient crû de 6% en moyenne au cours des trois années d’avant.

La décélération des dépôts, de loin la principale composante du patrimoine des ménages, explique en première ligne ce ralentissement. En parallèle, les autres classes d’actifs composant le patrimoine des ménages, à savoir les valeurs mobilières et l’assurance-vie, bien que n’ayant encore que des parts réduites dans le total, progressent petit à petit. Les placements en valeur mobilière notamment ont augmenté de 9% en 2016, provenant quasi intégralement de la progression de 9% des titres de propriété, dont le poids représente 89% de ces placements.

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