Les engagements de la Banque Mondiale

Entamée depuis samedi dernier au Maroc, la visite de James Wolfensohn, président de la Banque mondiale, atteste de la volonté de l’organisation de renforcer sa coopération avec le royaume. De l’avis de plusieurs observateurs, cette coopération malgré les déclarations de bonnes intentions n’a pas encore atteint sa vitesse de croisière. Selon eux, la Banque mondiale est appelée à s’engager davantage dans le financement de projets fédérateurs, compte tenu des réformes engagées par le pays, notamment sur le plan économique. C’est d’ailleurs dans ce cadre qu’il faut inscrire la visite de l’etat-major de la Banque mondiale en réponse à l’invitation royale. Le chantier économique sur lequel s’engage le gouvernement Jettou est suivi de près par l’organisation mondiale.
Il reste que les prévisions de la Banque mondiale en matière de croissance sont revues à la baisse. Le dernier rapport dans ce sens indique que les perspectives économiques globales seront lentes à court terme. Ce qui bloquera le processus de réduction de la pauvreté des pays de l’Afrique du Nord notamment le Maroc. Les perspectives seront certainement au menu des discussions du patron de la Banque mondiale avec ses homologues marocains.
Ce dernier assistera à l’inauguration du lancement des travaux de la première tranche du Tanger Méditerranée. Un projet dont une partie est financée par cette instance financière internationale. Au programme également de M. Wolfensohn, des entretiens avec les milieux d’affaires notamment le Groupement national des banques du Maroc et la Confédération générale des entreprises du Maroc. Ce sera l’occasion pour faire le point sur les attentes des opérateurs privés. Le Président de l’Organisation aura également des réunions avec le Premier ministre, Driss Jettou. Il organisera une conférence de presse avant son départ aujourd’hui. Notons que le 26 septembre 2002, la Banque mondiale a approuvé un prêt au développement des connaissances et à l’innovation (LIL) d’un montant de 4 millions de dollars. Objectif : appuyer le programme du gouvernement visant l’alphabétisation des adultes dans les communautés et sur les lieux de travail. Selon les chiffres de l’organisation, la proportion d’adultes peu instruits dépasse 50%. Rappelons que l’Exécutif s’est fixé pour objectif de réduire de moitié le taux d’analphabétisme à l’horizon 2010. Selon la Banque mondiale, cette initiative donnera lieu à l’essai de nouvelles approches de l’alphabétisation et de la gestion des programmes qui, si elles s’avèrent efficaces, permettront au gouvernement de mettre en place dans tout le pays des programmes qui auront des effets durables sur le niveau d’instruction de la population. A titre de rappel, le gouvernement a mis en place quatre programmes d’alphabétisation ciblant plus d’un million d’adultes (âgés de 16 ans et plus) dont l’inscription a démarré depuis 1995. Deux de ces programmes sont fournis par l’intermédiaire d’organismes publics, l’un en collaboration avec le secteur privé et l’autre en partenariat avec des organisations non gouvernementales (ONG). Le programme LIL ciblera le programme des ONG qui compte un nombre d’inscrits plus élevé et répond au besoin des segments les plus pauvres de la population, et plus particulièrement des femmes et des filles des zones rurales.
Pour Jeffrey Waite, spécialiste de l’éducation pour la région du Moyen-Orient et Afrique du Nord de la Banque mondiale, «ce projet offre au Gouvernement marocain la possibilité de collaborer avec des prestataires locaux de services d’alphabétisation, au sein des communautés et sur les lieux de travail pour explorer de nouvelles méthodes d’enseignement et d’apprentissage et de nouvelles manières de gérer les programmes dans un cadre de plus en plus décentralisé». Et d’ajouter que «le gouvernement cherche ainsi à trouver des méthodes d’un bon rapport coût-efficacité pour relever les niveaux d’instruction et, ce faisant, améliorer les opportunités sociales et économiques offertes aux Marocains qui sont actuellement défavorisés.»
Le programme en question s’inscrit dans le droit fil de la stratégie d’aide de la Banque mondiale au Maroc, qui vise à réduire la pauvreté, en particulier dans les zones rurales, par le biais de politiques favorables au développement humain. La lutte contre l’analphabétisme ne constitue pas uniquement la priorité de la Banque mondiale au Maroc.
L’organisation s’engage aussi à consolider les efforts du royaume en matière de protection et de gestion des ressources naturelles. A ce registre, les responsables du ministère de l’Aménagement du territoire, de l’Eau et de l’Environnement ont eu des entretiens avec leurs homologues de la Banque mondiale sur cette question.
Lors de cette rencontre, les représentants de l’institution bancaire se sont engagés à appuyer les réformes politiques et institutionnelles ayant permis d’inscrire la protection et la gestion des ressources naturelles dans la logique du développement durable.
Du moins, si l’on en juge par les propos du ministère de l’Aménagement du territoire, de l’Eau et de l’Environnement. C’est donc dans le cadre d’une assistance tous azimuts des chantiers de développement lancés par le Maroc que cette visite s’inscrit. Aux responsables politiques et opérateurs économiques d’en tirer profit.

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