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Les entreprises ne s’emballent pas

Les dispositions de la circulaire relative à l’animation du marché de valeurs mobilières cotées sont entrées en vigueur depuis près de dix mois. Hormis la société IB Maroc cotée au troisième compartiment de la bourse, qui avait l’obligation de conclure avec une société de bourse une convention d’animation de ces titres pour une durée de cinq ans, aucune autre entreprise cotée n’a manifesté son intérêt pour l’animation de ses titres sur le marché.
L’activité d’animation est définie comme étant « une activité régie par une convention établie entre une société de bourse et un émetteur et qui consiste à faciliter la cotation et assurer la liquidité du marché du titre de l’émetteur ». Les principes ainsi fixés « visent à maintenir une liquidité minimale des titres de l’émetteur et ce, en assurant notamment une cotation quotidienne desdits titres ».
À cette fin, une société de bourse « doit offrir à l’achat et à la vente des quantités minimales de titres – en fonction de leurs valeurs – à des prix compris dans une fourchette maximale de 2% ». Les titres et les espèces sont mis à la disposition d’une société de bourse par l’entreprise ou le cas échéant, elle peut faire partie d’un groupement de liquidités pour assurer cette activité d’animation. Cette dernière doit être séparée des autres activités d’intermédiation. L’animation d’une valeur donnée « ne doit pas avoir pour objectif de soutenir le cours d’une valeur. En outre, les prix d’achat et de vente offerts par les sociétés de bourse doivent être en cohérence avec la marche technique, commerciale et financière de l’émetteur ».
La circulaire étant entrée en vigueur, on s’interroge aujourd’hui sur l’intérêt que porte les entreprises cotées pour ces dispositions ? La question a été posée à quelques responsables à l’occasion des présentations des résultats de leurs entreprises. Alors qu’elles n’arrêtaient pas à chaque occasion de crier haut et fort qu’elles ont besoin de pratiquer une vraie gestion financière de leurs capitaux propres dans la légalité et la transparence, plusieurs sociétés ne voient actuellement aucun intérêt pour confier à une société de bourse l’animation de leurs capitaux propres cotés.
Les raisons invoquées sont multiples. « Nous n’avons pas les moyens financiers nécessaires pour assurer une telle activité. De plus toutes les valeurs se négocient, suivant les cas, avec des décotes plus ou moins importantes. Notre société sera intéressée dans un seul cas : si notre titre est le seul qui ne soit attrayant alors que toutes les valeurs sur le marché boursier sont performantes », confie un responsable financier d’une société. Et d’ajouter, « l’éventualité de recourir à cette possibilité à l’occasion d’opérations stratégiques de rapprochement avec d’autres entités est envisagée». Un autre responsable souligne : «une bonne partie de l’argent que va engager notre entreprise dans une telle activité sera tout simplement perdue. Alors qu’on a besoin d’investir ces fonds pour assurer notre croissance ». D’autres managers sont méfiants des conditions d’application et d’exercice d’une telle circulaire par les sociétés de bourse. « Même si la circulaire a fixé des règles de bonne conduite et des obligations d’information devant être respecté, nous attendons que l’expérience soit tentée par une société cotée pour juger de l’utilité de cette démarche.
Nous craignons qu’on soit impliqué dans des dérapages et des magouilles de toutes sortes », précise un ancien intervenant sur les marchés converti en un responsable financier au sein d’une société. Parallèlement, des sociétés de bourse contactées par ALM préfèrent ne pas commenter ces propos. Comme à l’accoutumée, silence radio.

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