Les Entretiens de Rabat: Les opportunités du green en perspective

Les Entretiens de Rabat: Les opportunités du green en perspective

«Le Maroc, une chance pour l’environnement – L’environnement, une chance pour le Maroc», c’est le thème du débat de la première édition des Entretiens de Rabat dédié à l’environnement qui s’est déroulé le 17 octobre dans la capitale du Royaume.

Une rencontre qui a placé le «green» au centre des échanges entre les différents participants. Cet évènement, organisé par la Chambre française de commerce et d’industrie du Maroc (CFCIM) et les Entretiens de Royaumont, a été l’occasion d’évoquer les perspectives de financement de l’économie verte ainsi que les attentes des entrepreneurs pour créer un environnement propice à l’investissement tout en respectant l’environnement. Ce débat s’est déroulé avec le soutien de sponsors tels que l’Office chérifien des phosphates (OCP), BMCI Groupe BNP Paribas, Inwi, Air France, Accor, Socotec ou encore International SOS. Cette rencontre s’inscrit dans le cycle des évènements labellisés COP22.

Une chance à saisir

La protection de l’environnement constitue pour le Maroc une opportunité riche en création d’emplois. Le concept du «green» continue de poser le débat quant à ses effets sur la croissance et son lien étroit avec le développement durable. Comment faire en sorte que le pays puisse saisir l’opportunité qui s’offre à lui avec l’organisation de la COP22? Une question qui était au cœur des débat lors de cet événement. Celui-ci a réuni une pléiade de personnalités telles que Nicolas Hulot, Francois Fillon, Adeladim El Hafi et Nizar Baraka.

L’engagement du Maroc

La politique du Maroc en matière environnementale ne date pas d’aujourd’hui. Ainsi dans son allocution, Nizar Baraka a rappelé que la politique volontariste du Maroc en matière de «développement durable et de protection de l’environnement» s’est inscrite dans l’urgence climatique exprimée à la Conférence de Rio en 1992. Cette politique, selon le président du CESE, repose sur «la définition d’un cap clair, celui de mettre le Maroc sur le sentier du développement durable». Et d’ajouter : «L’adoption d’une approche participative pour établir la vision stratégique». De même, selon Nizar Baraka, il s’agit de «la déclinaison de cette vision en stratégies sectorielles à l’instar de la stratégie de l’eau, la stratégie énergetique, le Plan Maroc Vert, la stratégie de préservation de gestion durable de la forêt, le programme de transport public urbain, le programme national des déchets mémagers et assimilés ou le programme national d’assainissement liquide et d’épuration des eaux usées». Et d’ajouter que le dernier point relatif à la politique volontariste du Maroc en matière environnementale relève de «la capacité de réformer et d’opérationnaliser les stratégies».

Ils ont dit…


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Abdeladim El Hafi

Sur la COP22 et les entretiens de Paris, Abdeladim El Hafi a confié à ALM que «ces entretiens sont importants, la participation de la société civile et des entreprises est fondamentale, puisque comme vous le savez le développement n’est plus uniquement l’affaire des négociateurs. Il s’agit d’intégrer dans les négociations tous les éléments de développement et ceux qui permettent de les appliquer sur les terrains.

C’est justement la société civile, le citoyen et les territoires. Partant de là, cette rencontre est intéressante et vient s’ajouter à la traduction des engagements des pays à Paris sous forme de politiques concrètes et qui permettent d’être justement perçus par tous les citoyens». Et de  poursuivre : «La COP22 se tient en Afrique, donc il y a une sensibilité particulière par tous les pays du Sud mais également pour les Etats insulaires, qui sont fortement menacés par les changements climatiques.

Ils subissent les effets des changements climatiques sans en avoir eu la responsabilité historique dans le cas des émissions des gaz à effet de serre».

Nicolas Nicolas-hulot-2365 : Comment l’Etat

peut-il aider les entreprises a financer leurs projets «green»?

Il faut que les subventions s’orientent dorénavant sur ce qui est du domaine des solutions plutôt que dans le domaine du problème. Il faut que les marchés publics conditionnent leur approvisionnement sur ces critères-là. Ce que peuvent faire aussi les Etats c’est de faire en sorte que ce qui fait partie de la solution soit aidé, ce qui ne fait pas partie de la solution soit dissuadé, ce que j’appelle la fiscalité incitative et la fiscalité dissuasive.  L’Etat peut mettre aussi un prêt au carbone, en tout cas rentrer dans cette perspective pour faire en sorte que les investissements carbone profitent aux investissements décarbonisés. Pour ce qui est de la COP22 il est question de pousser chacun dans ses retranchements pour que chacun puisse maintenir ses objectifs.

Trois questions à Nizar Baraka

Nizar-Baraka-2013-10-27ALM : Quelle est la nouveauté de la COP22 par rapport aux autres COP?

Nizar Baraka : Aujourd’hui la COP22 comme vous le savez a été inscrite dès le départ comme la COP de l’action et de l’implémentation. Je crois que la nouveauté par rapport aux autres COP c’est que nous allons avoir une véritable complémentarité entre l’aspect négociation qui vise à mettre en place les différents processus d’exécution de l’Accord de Paris et l’aspect action qui regroupera un agenda global de l’action et qui intégrera les différentes initiatives et les différents projets qui sont portés par la société civile, les entreprises, les différentes collectivités territoriales ou par les autres acteurs non-étatiques et dans ce cadre-là.

Quelles seront les thématiques abordées par le CESE ?

Nous allons parler d’énormément de thématiques : la thématique de l’eau, la thématique de l’énergie, la thématique de l’agriculture durable, la thématique du transport durable, la thématique de l’urbanisme durable, la thématique du genre, la thématique du financement qui est un élément phare, les thématiques de la transformation structurelle et de la transition climatique, sans parler de tout ce qui est environnement et de tout ce qui est océan. Donc, un certain nombre de thématiques sont inscrites dans deux programmes : le programme des négociations et le programme de l’action. La COP22 sera l’occasion de montrer qu’aujourd’hui tous les acteurs étatiques ou non étatiques se mobilisent pour le même objectif, à savoir réduire les émissions de gaz à effet de serre à moins de 2°C.

Comment l’Etat peut-il améliorer le financement du green?

Dans le cadre de la COP22, le Maroc a mis en place une feuille de route qui regroupe un certain nombre d’acteurs financiers pour permettre au secteur financier de s’inscrire dans le cadre du developpement durable et de financer le green. Nous parlons du GPBM, de Bank Al-Maghrib, des assurances avec la Fédération des assurances et de réassurances, mais également du marché des capitaux avec la Bourse de Casablanca, Casa Finance City et l’Autorité de régulation des marchés des capitaux, sans parler bien évidemment du ministère des finances qui joue un rôle en la matière. Tous ces acteurs ont mis en place une feuille de route sur les questions annoncées au moment de la COP22.

Leila Ouchagour

(Journaliste stagiaire)

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