Les Etats-Unis restent ouverts aux fonds du Golfe

Le secrétaire américain au Trésor, Henry Paulson, a assuré, lundi, à Abou Dhabi les investisseurs du Golfe que son pays demeurait ouvert aux fonds souverains et a pressé les pays pétroliers de la région à ouvrir leur secteur énergétique aux investissements étrangers.
«Comme nous recherchons de nouveaux marchés à l’étranger, les Etats-Unis garderont leurs marchés locaux ouverts à l’investissement des firmes privées et des fonds souverains», a déclaré M. Paulson dans un discours aux Emirats Arabes Unis, dernière étape d’une tournée régionale qui l’a conduit aussi en Arabie Saoudite et au Qatar. «Nous rejetons les mesures qui pourraient nous isoler de l’économie mondiale», a-t-il ajouté à Abou Dhabi, membre de la fédération des Emirats et dont le gouvernement local contrôle un fonds de quelque 875 milliards USD. L’Abu Dhabi Investment Authority (ADIA) était devenue en novembre 2007 l’un des plus grands actionnaires de la banque américaine Citigroup en injectant 7,5 milliards USD dans l’établissement affaibli par la crise des crédits hypothécaires à risque («subprime»).
Pour sa part, Kuwait Investment Authority a investi 5 milliards USD au total dans Citigroup et dans la banque d’affaires Merrill Lynch. M. Paulson a relevé l’inquiétude de la région du Golfe en raison de l’affaire DP World. Le congrès américain, invoquant des raisons de sécurité, a bloqué l’acquisition par cet opérateur du gouvernement de Dubaï de six ports américains dans le cadre du rachat en 2006 de l’opérateur britannique P&O, pour 6,9 milliards de dollars. «Certains (investisseurs du Golfe) s’inquiètent d’un sentiment croissant de protectionnisme aux Etats-Unis et ils s’inquiètent en particulier du fait que la position américaine sur les investissements du Moyen-Orient a été durablement affectée par l’affaire de DP World», a-t-il dit. Il s’est également expliqué sur la demande faite par Washington au Fonds monétaire international (FMI) pour qu’il fixe des normes aux investissements de ces fonds, provoquant leur inquiétude. «Nous essayons d’étouffer les appels à des restrictions, en exhortant les fonds souverains à adopter de meilleures pratiques (…) afin de contribuer à contenir les inquiétudes concernant l’opacité et les risques», a–t-il dit. Certains membres de l’Union européenne, notamment l’Allemagne, sont favorables à une restriction des activités des fonds d’Etats, soupçonnés de servir des intérêts autres que financiers, surtout dans les secteurs stratégiques comme l’énergie ou les communications. Le secrétaire au Trésor a par ailleurs pressé les pays producteurs de brut à ouvrir leurs secteurs pétroliers aux investissements étrangers. «Sur le front de l’approvisionnement, nous appelons tous les pays producteurs à ouvrir leurs marchés pétroliers aux investissements étrangers, qui pourraient soutenir une croissance plus rapide et plus efficace», a-t-il dit. «Dans plusieurs pays du Golfe, des barrières à l’investissement (étranger) persistent dans des secteurs clés, comme ceux de l’énergie et de l’immobilier», a-t-il ajouté. M. Paulson a estimé qu’il n’y avait «pas de remède simple ou rapide» à l’actuelle flambée des cours du brut et que la région du Golfe, qui assure près de 20% de la production pétrolière mondiale, ne pouvait pas à elle seule réduire les pressions sur le marché pétrolier international. Pour soulager le marché, il faudrait que l’offre réponde à la demande, une équation qu’il est possible, selon lui, de réaliser en ouvrant les secteurs énergétiques des pays producteurs aux investissements étrangers. Dans les monarchies du Golfe, les activités pétrolières en aval (prospection, production) demeurent quasiment fermées aux grandes firmes étrangères, ces pays préférant des contrats pour une assistance technique à des accords de partage de la production.


• Ali Khalil (AFP)

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