Les Européens veulent maintenir la discipline

Les ministres des Finances de la zone euro veulent s’assurer que la discipline budgétaire reste d’actualité alors que le ralentissement économique menace de faire déraper les déficits de plusieurs pays comme la France ou l’Italie de Silvio Berlusconi. Réunis mardi après-midi à Bruxelles, ils doivent discuter de la stratégie budgétaire commune à l’ensemble des quinze pays de la zone euro, comme ils l’avaient fait en avril 2007 à Berlin. Ils avaient alors adopté une déclaration commune, dans laquelle ils s’étaient engagés à équilibrer leurs comptes publics d’ici 2010. Un engagement assoupli de facto depuis pour la France, en particulier.
Par cet engagement formel, ils voulaient s’assurer que les Etats prennent des décisions budgétaires en ligne avec les orientations communes, et évitent de redistribuer les surcroîts de recettes fiscales au lieu de les consacrer à la réduction des déficits et au désendettement.
Les ministres devraient profiter de la réunion de mardi pour appeler à nouveau à la nécessaire discipline. «J’espère que ce sera une discussion approfondie, qui conduira à des conclusions claires et à des engagements précis des ministres de la zone euro», a souligné le commissaire européen aux Affaires économiques Joaquin Almunia, faisant valoir, sans donner de noms, que l’on pouvait «améliorer la qualité des décisions de politique budgétaire dans certains des pays de la zone euro». «La discussion des ministres des Finances sur les objectifs budgétaires pourrait donner lieu à une nouvelle déclaration, comme à Berlin», avec «peut-être un langage fort pour encourager certains pays à redoubler d’efforts», souligne une source européenne.
Les ministres pourraient en effet mettre l’accent sur certains Etats en situation budgétaire difficile, comme la France, l’Italie ou le Portugal, même si ces pays pourraient ne pas être cités nommément. La France est dans la pire situation, puisqu’elle devrait prochainement être rappelée à l’ordre par Bruxelles en raison du creusement jugé «préoccupant» de ses déficits, ce qui en fait le cancre de la zone euro. Selon les dernières prévisions de la Commission fin avril, Paris se rapproche en effet de la limite maximale de 3% du Produit intérieur brut (PIB) tolérée dans l’UE pour le déficit public annuel. Il devrait atteindre 2,9% cette année, puis 3% en 2009, selon Bruxelles. La question se pose désormais de savoir si Paris est en mesure d’atteindre l’objectif de l’équilibre de ses finances publiques en 2012, après s’être affranchi de l’objectif de zéro déficit en 2010. Quant à l’Italie et au Portugal, ils sont menacés par un possible nouveau dérapage de leurs comptes, ce qui a poussé la Commission européenne à les mettre en garde. Si elle a recommandé la semaine dernière d’abroger des procédures pour déficit excessif contre ces pays, la Commission les a également exhortés à poursuivre leur assainissement budgétaire. Selon elle, le déficit devrait se creuser à 2,6% en 2009 au Portugal (après 2,2% en 2008), et à 2,3% en 2008 puis à 2,4% en 2009 en Italie, après 1,9% en 2007. Elle a appelé l’Italie a redoubler d’efforts pour éliminer son déficit «au plus tard en 2011». Les ministres des Finances de l’ensemble de l’UE, qui se réuniront dans la foulée de ceux de la zone euro mercredi devraient, eux, mettre l’accent sur les questions de fiscalité. Ils aborderont deux sujets controversés, celui de la taxation des revenus de l’épargne, à la suite du scandale de fraude fiscale au Liechtenstein, et celui de la fraude à la TVA.

• Sophie Laubie (AFP)

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