Les fonds dédiés ne séduisent plus

Après la Royale Marocaine d’Assurances, Al Watanya et Axa Assurances Maroc, c’est aujourd’hui au tour de la Marocaine Vie, passée depuis quelque mois dans le giron de la Société Générale, de liquider ses fonds dédiés. Elle a débuté par liquider le fonds «Marocaine Vie Obligataire» géré par Attijari Management, filiale d’Attijari Finances Corp, la Banque d’Affaires de la Banque Commerciale du Maroc.
Les compagnies d’assurances confiaient ses fonds à des sociétés de gestion d’actifs dans le cadre d’un contrat de gestion puisqu’elles ne disposaient pas, au départ, de la technicité suffisante et des structures de gestion adéquates pour les gérer dynamiquement.
Ces fonds sont constitués en OPCVM (organismes de placement collectif en valeurs mobilières) sous forme de FCP (fonds commun de placement) ou de SICAV (société d’investissement à capital variable). Ces fonds peuvent être des fonds obligataires, actions ou diversifiés. Ils présentent les mêmes avantages que les OPCVM commercialisés: des risques financiers maîtrisés et une fiscalité réduite.
Les raisons pour lesquelles des compagnies d‘assurances préfèrent, désormais, gérer directement leurs actifs sont multiples. La plus apparente est que le rendement des fonds dédiés ne répond plus aux contraintes de gestion qui leur sont imposées dans le cadre des nouvelles règles prudentielles. Celles-ci les obligent, entre autres, à pratiquer un adossement notionnel (fictif) des deux côtés de bilan sur la base d’un taux de rendement prédéfini. Il leur faut par exemple un rendement annuel de 4,5% pour la branche assurance-vie pour faire face à leurs engagements.
Alors que la plupart des contrats de gestion de départ ne précisaient pas un certain nombre de contraintes de gestion -la performance annuelle à atteindre, les indicateurs de gestion souhaités (pour les fonds obligataires) et les niveaux de risques financiers tolérés – des gestionnaires se trouvaient dans l’impossibilité de répondre parfaitement aux exigences de rentabilité et de risque de ces compagnies d’assurances. Eux-mêmes ne pouvaient déterminer les taux de rentabilités égaux à ceux des différentes branches.
On peut comprendre facilement que les gestionnaires ne peuvent, vu la situation actuelle du marché boursier, garantir des rentabilités satisfaisantes des fonds dédiés en actions. Mais il nous est difficile d’imaginer qu’ils n’arrivent pas à garantir des niveaux de rendement satisfaisants pour les fonds dédiés investis en obligations.

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