Les freelances, ces chevilles ouvrières

ALM : Quelle évaluation faites-vous de l’évolution du marché de l’emploi dans le secteur de la communication ?
Mohamed Benboubker : Au début de l’année 2002, le marché de l’emploi dans le secteur de la communication a été morose. Ceci s’explique par la crise qu’a connue l’économie mondiale et dont les retombées se sont faites également ressentir au niveau du Maroc.
Par contre, l’été a été une période euphorique. Pour vous dire, cette année, Freelance.com a augmenté son chiffre d’affaires de 80% par rapport à l’année précédente. Pour nous, 2002 a été un bon exercice.
Tout porte à croire que l’année 2003 se présente sous de bons auspices. En témoignent d’ailleurs les demandes des entreprises et des agences conseil en communication qui nous parviennent en cette fin d’année.
Justement, quels sont les métiers de la communication les plus sollicités en ce moment ?
Je pense avant-tout au métier de concepteur-rédacteur. Compte tenu du déficit de formation dans ce domaine, nous avons du mal à dénicher de bons concepteurs-rédacteurs locaux. A cela il faut ajouter, l’absence de culture artistique chez la plupart des lauréats de communication. C’est d’ailleurs pour cette raison que plusieurs agences publicitaires nationales optent souvent pour des compétences étrangères. Cela ne veut dire pour autant que le problème est résolu. Heureusement, qu’on assiste à la montée d’une nouvelle génération de concepteurs-rédacteurs nationaux. Toujours est-il au niveau de Freelance.com, on est obligé de faire appel à des concepteurs-rédacteurs étrangers pour satisfaire les besoins de nos clients.
Croyez-vous que les entreprises marocaines ont pris conscience de l’importance de la communication dans le développement de leur structure ?
Avant de répondre à cette question, je tiens d’abord à préciser que la communication d’entreprise englobe aujourd’hui plusieurs activités, notamment les nouvelles technologies de l’information et l’informatique. Je pense que le Maroc n’échappera pas à la donne internationale, selon laquelle, plus de la moitié des métiers de l’avenir seront des métiers de communication.
Les grandes entreprises et les multinationales sont conscientes de l’importance de la communication aussi bien en interne qu’en externe. Quant aux PME haut- standing, il a y lieu de constater que ces structures prennent au sérieux l’importance de la communication dans le développement de leur entreprise mais en matière de recrutement, elles font souvent appel à des pratiques anciennes telles que le copinage. Au-delà de la nature de la démarche en termes de recrutement, ce qu’il faut retenir c’est qu’il s’agit au début de la mise en place d’un département de communication. En ce qui concerne les autres PME-PMI, souvent c’est le directeur général qui assure la fonction marketing et communication sans qu’il puisse maîtriser les règles de ces deux métiers. Ces entreprises constituent 80% du tissu productif national.

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