Les fusions battent des records

Les fusions battent des records

La frénésie des rachats et des fusions d’entreprises ne faiblit pas dans le monde depuis janvier, la croissance des bénéfices et des marchés boursiers ayant produit, ces dernières années, l’argent disponible pour une nouvelle phase de consolidation.
Selon des chiffres du groupe de services financiers canadien Thomson Financial, le total des transactions atteignait 1.613 milliards de dollars au 13 juin, en hausse de 41% par rapport à la même période de 2005.
Le rythme s’est maintenu depuis, avec dernièrement l’acquisition des pétroliers Kerr-McGee et Western Gas par leur rival Anadarko aux Etats-Unis, le mariage Mittal-Arcelor dans l’acier en Europe, la fusion des groupes miniers Phelps Dodge, Inco et Falconbridge en Amérique du Nord et enfin le rachat des médicaments sans ordonnance de l’américain Pfizer par son compatriote Johnson and Johnson.
Ces quatre transactions, annoncées entre vendredi et lundi, atteignent 130 milliards de dollars à elles seules. Thomson Financial estime que la tendance va se poursuivre au second semestre et que le total des opérations dépassera cette année celui de 2005 pour atteindre 3.500 milliards de dollars, soit plus d’une fois et demie le PIB de la France.
«Les entreprises s’attendent à une progression forte et continue des fusions-acquisitions jusqu’à la fin 2006, et prévoient un essor de leurs propres activités dans ce domaine», indiquait Malcolm Wright, du cabinet de consultants KPMG, dans une étude publiée fin mai.
Cette nouvelle phase de consolidation touche tous les secteurs, des films d’animation (Disney-Pixar) aux opérateurs boursiers (Nyse-Euronext, LSE-Nasdaq), en passant par la chimie (BOC-Linde), l’assurance (Skandia-Old Mutual), la banque (Wachovia-Golden West, Natixis) et les télécoms (ATT-Bellsouth, Lucent-Alcatel).
Certains secteurs ont toutefois été plus animés que d’autres, comme les infrastructures de transports, avec les rachats par Dubaï des ports de P&O ou celui des aéroports britanniques de BAA par l’espagnol Grupo Ferrovial.
Le secteur de l’énergie est très agité aussi même si les principales négociations n’ont pas encore abouti, l’allemand EON et Gas Natural se disputant Endesa en Espagne, tandis qu’en France, l’italien Enel s’oppose à un projet de fusion entre Suez et GDF.
Cette vague de rapprochements, nourrie aussi par les taux d’intérêt bas, engendre des craintes de nouvelle bulle financière et spéculative, semblable à celle de la fin des années 1990, lorsque les montants des fusions-acquisitions avaient déjà battu des records.
Mais beaucoup d’analystes estiment que les transactions se font sur une base financière plus saine, les bénéfices colossaux amassés depuis 2003 et la réduction de l’endettement des entreprises leur permettant de faire des offres en numéraire, et non plus en actions surévaluées comme dans le passé.
«Le premier boom technologique était fondé sur des promesses qui, bien souvent, n’ont pas été tenues. Le développement auquel nous assistons actuellement repose sur des produits qui existent déjà et sont commercialement viables», estime ainsi Andy Morgan, du cabinet de consultants PricewaterhouseCoopers (PwC).
Selon lui, la technologie de convergence entre réseaux mobiles GSM et réseaux Internet wifi devrait favoriser les rapprochements dans l’industrie des télécommunications.
L’essor des rachats d’entreprises depuis le début de l’année s’explique également par la présence de plus en plus fréquente d’acquéreurs purement financiers, qui disposent de sommes colossales à investir après trois ans de remontée des marchés boursiers mondiaux, à l’instar de la banque australienne Macquarie, omniprésente dans la consolidation des infrastructures et opérateurs de transports ces derniers mois en Europe.

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