Les gains des hôteliers exonérés en 2005

Les gains des hôteliers seront totalement exonérés en 2005. La mesure dévoilée récemment, lors d’une question de routine posée au Parlement, suscite pour le moment la réserve auprès des hôteliers. «Attendons pour voir !», semble être le leitmotiv. Pourtant, c’est tout un plan qu’annonce le ministre du Tourisme. Pas seulement pour soutenir les hôteliers, lesquels, paradoxalement, alors que nous enregistrons le record des 5 millions de touristes à la fin 2004, ont du mal à redorer leurs finances.
Dans un cadre plus général, ce plan est destiné à faire redémarrer les investissements en 2005. Couvrir la deuxième phase du contrat-programme passe par la réalisation de 160 000 lits, soit, en moyenne, une évolution à un rythme de 50 à 60 hôtels par an.
Or, si entre 2001 et 2003, ce quorum a été presque atteint, la cadence des réalisations de chantiers étant euphorique sur la période, des évolutions de 15% ayant été enregistrées, tel n’est point le cas pour l’année 2004. Les investissements se poursuivent, mais pas avec les mêmes taux.
Pour faire redémarrer l’investissement touristique, deux mesures incitatives sont retenues; les compagnies d’assurances et les Caisses de retraite seront appelées à investir dans le secteur touristique. Il est bien question de solliciter les banques pour l’octroi de nouveaux crédits à long terme adaptés pour le financement des hôtels.
Autant de chantiers qui nécessiteront des réformes en profondeur. D’autant que, rappelle un financier, les banquiers marocains adoptent en général la même attitude que celle des groupes internationaux, en limitant leur niveau d’investissement dans un projet autour de 25%, gestion des risques oblige. Seules des structures étatiques, comme la CDG et ses filiales ou, dans une moindre mesure et sur un autre plan, le CIH, sont allées au delà de ce seuil.
Quelle alchimie emploiera-t-on donc pour exorciser les réticences des institutionnels ? Mytère pour le moment, le dossier serait à l’étude. Pousser les institutionnels à s’intéresser au tourisme passe donc par des incitations non seulement pour les projets à venir, mais aussi pour l’existant.
Des incitations figurent justement dans le plan du ministère. Entre autres, une prochaine simplification, et à une rationnalisation du régime fiscal, doit voir le jour. Adil Douiri, ministre du Tourisme, assure en outre que son département a pris une panoplie de mesures à caractères conjoncturel et structurel en matière d’encouragement de l’investissement dans le secteur touristique.
Le ministre cite en exemple des facilités accordées aux hôteliers pour alléger la pression fiscale accentuée par la deuxième guerre du Golfe et les conséquences des actes terroristes du 16 mai 2003 à Casablanca.
Sur le plan structurel, outre l’aménagement des zones touristiques, le ministre a évoqué un fonds de soutien à l’immobilier, ledit fonds permettant l’acquisition des lots de terrain réservés aux établissements hôteliers, à un prix raisonnable.
Pour le moment, les hôteliers ont du mal à croire à ces mesures spectaculaires. «Quatre taxes ont été effectivement supprimées, mais celles-ci ne changent en rien à notre trèsorerie », note le président d’une importante association de Marrakech. Pourtant, les mesures annoncées vont beaucoup plus loin que les taxes locales qui, du reste, relèvent du ministère de l’Intérieur.
Au niveau fiscal par exemple, il est question d’une exonération d’impôts sur les gains pour une durée de cinq ans. Tout un ensemble de réformes qui contribueraient à améliorer la situation des établissements touristiques. Sauf que, pour le moment, l’on est encore au stade d’élaboration.
Contacté par ALM, le ministère du Tourisme attend que le programme soit finalisé pour en donner les détails. « Le Comité stratégique du Tourisme étudie la question, répond-on sans plus. Une annonce sera faite certainement lors des Assises internationales de Ouarzazate où la problématique du financement aura une place de choix.

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