Les grands chantiers du tourisme à Casa

Les grands chantiers du tourisme à Casa

Casablanca est fréquentée par un type de touristes, plutôt d’affaires, dépensiers, mais qui ne restent pas plus de 2 à 3 nuitées en moyenne. Il s’agit d’un vieux constat, d’un écueil où ont buté bien des politiques touristiques adaptées à l’échelle de la capitale économique. Mais aujourd’hui, contrairement à hier, Casablanca joint à son potentiel naturel, un CRT fonctionnel qui travaille en synergie avec la wilaya, la mairie. Tous ces différents ensembles oeuvrent pour la vision 2010. Dans ce programme-cadre régional, le plus important, au-delà d’un objectif chiffrè à atteindre, c’est la stratégie. Pour le président du CRT, Omar Kabbaj, il fallait tout d’abord, dans la démarche retenue, définir le type de tourisme adapté à la capitale économique.
A l’image de Barcelone et de Paris, Casablanca s’adapte naturellement au tourisme de métropole. Ce type de tourisme s’appuie d’une part sur le culturel, le sport, l’animation, les loisirs mais aussi sur le «le hors-site». Dans le tourisme balnéaire, cette expression «hors site » correspond à un certain nombre de réalisations comme l’aménagement, l’adjudication d’électricité et des travaux annexes supportés en général par l’Etat pour encourager les investisseurs privés. Pour ce qui est du cas particulier du tourisme de métropole, le hors-site regroupe divers ensembles comme le niveau des services, le niveau urbanistique, la qualité de la vie, l’état des infrastructures, etc.
C’est dire de la complexité de l’architecture d’un tourisme de métropole. Alors que le balnéaire se suffit d’une belle plage, d’une belle côte, d’un minimum d’infrastructures et d’un aéroport bien desservi, dans une ville, il faut en plus, garantir un bon niveau de transport, un nombre de restaurants suffisants, des centres d’animation et, en un mot, la qualité et le bien-être sur un ensemble de prestations diverses et sans rapport direct les unes des autres.
Outre l’aspect mise à niveau de l’hors site, il y a le culturel qu’il faut mettre en exergue.En effet, en dehors des atouts de la ville elle-même, les monuments sont nécessaires. La base existe déjà. Casablanca dispose d’un patrimoine art & déco formidable, parmi les meilleurs du monde, des monuments historiques comme les Habous, une architecture coloniale…la mosquée Hassan II, une des merveilles du monde. A ces différents atouts, s’ajoutent quelques cachets essentiels comme un jardin botanique, un aquarium géant à la portée d’une ville bordée par l’Atlantique. « Il est fort possible de construire le plus grand aquarium du monde. Ce n’est pas cher » … «Les icônes internationles complètent les monuments », déclare Omar Kabbaj qui veut que Casablanca ait son cachet, à l’instar des grandes métropoles. « Par exemple, utiliser les découvertes récentes de squelettes préhistoriques à Sidi Abderrahmane pour faire un grand musée» !
Aujourd’hui, le touriste qui arrive à Casablanca reste bien peu. L’objectif du CRT, c’est d’amener cette moyenne de séjour de 2,3 à 3 jours. Toute l’équation est là : allonger la durée de séjour.
Pour cela, il y a la culture, l’animation mais aussi le sport.. Actuellement, peu de personnes savent que 120 trous de golf entourent Casablanca. Ici la stratégie du CRT c’est de faire en compte que les hommes d’affaires prolongent leurs week ends. Cela passe naturellement par la promotion. L’objectif c’est d’arriver à 10.000 lits d’ici 2010, en doublant la capacité existante. Faire 1 million de touristes et 3 millions de nuitées. Reste à savoir si le touriste de week end joue au golf le matin, que fera-t-il le soir ? Casablanca est une ville jeune. Les gens aiment sortir. Plusieurs restaurants ouvrent.Ce qui est de bon augure. Le shopping se développe. Toutes les grandes marques s’implantent dans le coeur de la ville.
Bref, Casablanca redevient une métropole internationale. Mais pour lui redonner toute sa dimension touristique, la capitale économique doit arrêter de tourner le dos à la mer. Il est paradoxal en effet, que le port de Casablanca, à seulement 3 minutes du centre-ville, en soit coupé. Si à Barcelone et à Marseille, l’espace portuaire est ouvert, à Casablanca c’est encore une prison. Pourquoi par exemple, s’interroge Kabbaj, ne pas affecter les conteneurs vers un port sec, comme cela se fait ailleurs ?
Les hectares qui s’en trouveraient libérés dans le port de Casablanca, pourront servir à une exposition. Dans cette optique, l’exploitation du port de pêche peut être harmonisé avec la Marina.
Il y a aussi le tourisme de croisière qu’il ne faut pas négliger. « Aujourd’hui, nous recevons 115.000 touristes croisiéristes et qui ne sont pas comptabilisés, ne passant pas la nuit dans les hôtels ». « Demain, si on harmonise les atouts culturels de la ville, nous pourrons faire des circuits, des city tour qui engloberont beaucoup de monuments». Il faut seulement veiller, remarque le président du CRT, à ce que toute conception soit d’intégration. « Eviter la ghettoïsation et réfléchir à une stratégie d’intégration. Autrement dit, mélanger hôtels, résidences et bureaux et en faire un ensemble cohérent, pour ne pas se retrouver avec des îlots touristiques. Il faut aménager des promenades, des passeos, des pizzerias ». Pour le moment, la baie de Casablanca, encore vierge, rencontre un problème majeur : le foncier.
L’investisseur s’intéresse naturellement à cette destination qui est attractive. En atteste, la moyenne de prix pratiqués par les cinq étoiles, 1200 à 1300 dirhams, et le rythme des investissements. En l’espace de deux ans, plusieurs hôtels, le Royal d’Anfa, opérationnel, le complexe d’Accor, le Casa City Center, sont venus s’ajouter à une capacité d’hébergement stagnante depuis des années. Aujourd’hui, Mariott, Continental, Four Season veulent s’implanter à Casablanca. Pour ces chaînes hôtelières, être présent partout est une manière de fidéliser leurs clients.
Bref, c’est autant de chantiers ouverts et à mener à terme qui s’imposent à Casablanca. La mise en place d’un CRT, organe qui fédère les élus, l’administration et les professionnels, a donné à la ville l’impulsion qu’elle recherchait depuis des années. Aujourd’hui, la capitale économique se penche enfin sur son devenir touristique, sur la base d’une feuille de route. Le plan de développement régional (PDER) est un premier jalon. La ville a commencé à se mettre à niveau. Sous l’impulsion du wali et du maire, les problèmes de l’éclairage, du transport et des ordures ont été enfin résolus. Cette dynamique trouve à son origine le document de référence élaboré par les professionnels et qui a reçu l’aval de l’administration et des élus.

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