Les industriels boudent l’ingénierie

L’industrie nationale a été au centre d’une étude d’analyse réalisée par l’Agence nationale pour la promotion de la petite et moyenne entreprises (ANPME). Les résultats sont parlants. Les entreprises marocaines ne s’intéressent pas aux services de conseil et ingénierie industrielle (CII). Et les chiffres sont là pour le prouver. Pas plus de 0,1 % de leurs chiffres d’affaires est en effet consacré à cette activité pourtant très importante en matière de mise à niveau des entreprises marocaines.
Ceci représente en effet un grand handicap pour leur compétitivité. L’étude, ayant pour thème général le potentiel industriel marocain, estime que ces dernières, pour faire face aux défis de la mondialisation et de la globalisation, sont appelées à recourir davantage à ces services du CII pour pouvoir défendre la compétitivité de la concurrence, devenue de plus en plus atroce dans une conjoncture marquée par la multiplication des accords de libres échange.
Ainsi, les besoins ressentis par les entreprises marocaines en matière de conseil et ingénierie industrielle portent notamment sur «l’amélioration technique de la production et la rationalisation des coûts, la démarche qualité, la démarche commerciale et la prospection des marchés, les ressources humaines et financières et ce sans oublier l’amélioration du management», précise l’étude menée par le cabinet GFA Management sur un échantillon de 140 entreprises industrielles dans le cadre de la coopération technique Maroc-Allemagne, «Ta’hil Al Mokawalat». Au Maroc, pour recourir à ces prestations externes en la matière, il faudrait être une grande entreprise qui vise des marchés externes. Il s’agit donc des grandes entreprises, des grandes PME exportatrices ou opérant dans des secteurs actuellement protégés et les filiales de multinationales.
Selon les résultats de cette étude, 60% des unités industrielles sondées «ne font pas appel à l’expertise externe en matière de CII » et sont pour la plupart des PME qui produisent pour le marché interne. Entre 20 et 25 % des entreprises sondées «ne font que très peu appel» à cette expertise, alors que les unités industrielles qui ont l’habitude de solliciter l’expertise externe ne représentent que 15 % de l’ensemble des entreprises sondées. Cette catégorie d’entreprises fait appel aux services de CII pour répondre aux exigences des clients étrangers, explique la même source.
Pour ce qui est des grands consommateurs de cette expertise, ils ne représentent que 5 % de l’échantillon de cette enquête et se composent essentiellement des entreprises publiques ou privées, filiales ou non de multinationales, travaillant pour l’export ou pour le marché intérieur.

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