Les institutions financières accusées

Cette année, pour le rassemblement de Davos, c’est sur « l’identification des responsables » de la situation économique, qu’ont surtout porté les débats. Les uns après les autres, le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, ajouté à cela les Américains, ont été sévèrement incriminés.
L’un des paradoxes émis par les participants, les deux organismes financiers ont été abolis dans leur participation à la crise économique en Argentine. En revanche, les pays en développement ont pâti tout particulièrement, selon les participants des programmes de soutien. Encore plus, la révélation de la séance, vient de Jeffrey Sachs, professeur d’économie à Harvard : « des gens meurent par millions à cause de la pauvreté », a-t-il indiqué. C’est en connaissance de cause, qu’il argumente sa thèse.
En effet, c’est sur le terrain, en terre d’Afrique, qu’il a constaté les méfaits des plans de restructuration et de soutien mis en place par le FMI et la Banque mondiale. «Je n’ai jamais vu cela et j’espère ne plus le revoir», a-t-il apostrophé pour un parterre de personnalités pantois. Selon les propos de l’universitaire, les pays auxquels ces programmes sont destinés sont en situation de faiblesse. Les organismes profitent de la précarité de leurs systèmes économique et social, afin d’imposer des plans d’action souvent inadaptés aux contextes spécifiques de ces contrées. A titre d’illustration, Kemal Dervis, ministre turc de l’Economie, a rappelé les pressions des deux organismes à inviter le gouvernement pour le maintien du taux de changes fixe pour la livre. « Cela aurait été une grave erreur », a-t-il lancé à la face de Stanley Fisher, instigateur du plan de sauvetage au FMI, dans le cas où la Turquie aurait suivi les conseils du FMI et ceux de la Banque Mondiale. Pour sa part, le député français, Domi-nique Strauss-Kahn a touché le fond du problème. Il a mis le doigt sur l’un des points sensibles des deux « édifices » celui du fonctionnement. « Si le temps de la réforme est arrivé, il reste à savoir qui prend la décision de faire évoluer l’architecture financière mondiale », s’est-il interrogé.
Quant à la responsabilité des Américains au regard de l’économie mondiale, les preuves ne sont plus à ramener. Ainsi, Jeffrey Sachs, constate la prépondérance des Etats-Unis et le poids de leur présence au sein des conseils d’administrations des deux organismes mondiaux. La partialité est désormais de mise. Dans le même cheminement, le député français généralise cette constatation et va encore plus loin dans le raisonnement. Il avance que le combat contre la pauvreté passe inexorablement par la responsabilisation politique des «grandes puissances», dont la contribution financière reste primordiale. La méthode proposée : dons ou annulation de dettes. La Norvégienne Hilde Johnson a émis le souhait, que la participation au sommet du millenium de l’ONU, comprenne également des pays pauvres. Certes, ils sont les principaux concernés.

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