Les leçons du Top Résa

Les leçons du Top Résa

La 26e édition du Top Résa est le premier salon post 11 septembre qui ne soit pas aux relents de la crise. Pour les Marocains, venus nombreux assister à cet événement, l’heure n’était pas pour autant à la béate satisfaction, mais au travail.
Le produit national est crédité d’une forte avance par rapport à ses concurrents classiques, avec comme illustration, une progression de 29% sur la vente des forfaits, alors que la moyenne en France plafonne à 6%.
Ces résultats que Redouane Reghaye de l’ONMT-France explique par une politique de partenariat payante avec les TO et l’engagement de la Royal Air Maroc auprès du secteur cachent pourtant quelques inquiétudes que partagent Kamal Bensouda, président du CRT de Marrakech et directeur Général de la Sotoram: «Il ne faut pas que les TO entrants attaquent le marché par le bas ». Les bas prix qui ont déprécié la Tunisie sont t l’une des hantises des destinations aussi convoitées que le Maroc. TUI et Thomas Cook, et Donatello, qui vendront la destination l’année prochaine, prendront-ils en compte ces paramètres, résisteront-ils à la tentation?
En tout cas à Fès, l’une des destinations les plus en vue au Maroc, les choix sont déjà faits. Pour les opérateurs de cette ville, ce qui importe c’est d’aller vers la vision 2010, mais en jouant plus sur des paramètres comme la durée de séjour que sur le nombre d’arrivées. «Vu la particularité de notre produit, la fragilité de la Médina, mieux vaut rester dans la moyenne et le haut de gamme», déclare Driss Faceh, président du CRT local.
Du reste, l’année 2005 se profile déjà à l’horizon. Les grandes tendances se dessinent. L’ONMT visera surtout la province française, véritable niche de croissance, pour laquelle RAM-France a déjà concocté tout un plan de vol. Une croissance de 23% de l’offre en sièges est attendue pour l’année prochaine, selon Abderrafih Zouiten de RAM-France. Les liaisons au départ de Paris vers le triangle Agadir, Fès et Marrakech ne seront pas les seules à profiter de cette offre.
A ces efforts importants de la RAM, se grefferont ceux des autres partenaires comme Corsair, lequel, après un concluant Paris –Fès, ouvert en novembre 2003, s’apprête à lancer une nouvelle liaison sur Agadir. Autre aspect non négligeable, et qui semble préoccuper autant les professionnels, la qualité du produit. «Nous ne sommes plus à des taux d’occupation de 30% dans nos hôtels à Agadir et à Marrakech », martèle Saïd Scally avec son franc-parler.
Il est indispensable, ajoute-t-il, que la courbe de l’emploi suive celle de l’augmentation des taux d’occupations. « Il faut recruter, et encore recruter. On ne peut pas garder le même nombre de personnel quand on a des niveaux d’occupation des lits de l’ordre de 80%». Pour l’hôtelier Abderrahim Oumani, présent de la Fédération nationale de l’Industrie hôtelière, la priorité reste l’évolution de l’activité, laquelle ne peut s’affranchir de l’Internet en hausse constante mais aussi de la Chine, marché émetteur montant.
Face à la progression fulgurante d’Internet dans les ventes d’une part et, d’autre part, à la baisse continue des commissions, les agences de voyages du Royaume disposent d’une marge étroite pour se restructurer et, c’est indispensable, aller vers cette taille critique sans laquelle tout rapport de force leur serait défavorable.
Le secrétaire général de l’APS, Michel Messager, a planté le décors à la veille du salon, le 29 septembre 2004, lors de la journée d’information sur «le nouveau marché français». « Le tourisme de demain, dira-t-il, passe par Internet, déjà 30% des forfaits vendus en France par la Chine et l’Asie ».
Mais aussi, précise Roger Colignon, responsable communication de l’ANAE, interface entre congressistes et agences, et donc forcément juge et partie, « le Maroc doit revoir son offre en matière de congrès ».
Ce segment à forte valeur ajoutée mérite une nouvelle approche, intégrant à la fois les considérations sécuritaires, juridiques (comme la réglementation des assurances) et l’aspect loisirs qui prend de plus en plus de dimensions dans les voyages d’affaires. Il convient donc de revoir non seulement l’offre, mais aussi la communication, «un aspect, ajoute-t-il, que les hôteliers marocains abordent souvent mal».
Pour sa part, L’Office du tourisme a déjà pris les devants en déclarant par le biais de son directeur général, Abass Azouzi, (voir interview plus loin), vouloir mettre le paquet beaucoup plus sur les destinations et les produits que sur la publicité institutionnelle proprement dite. Après la dynamisation d’ Agadir et de Marrakech, d’autres destinations seront donc mises en exergue et développées de manière indépendante. C’est la vision du ministre du Tourisme qui a visité le stand Maroc durant la journée de vendredi.
Une option qui n’est pas pour déplaire à Mohamed Hetmi du CRT de Tanger, ville boudée pendant longtemps sur le marché français et qui refait une apparition en force. Mais pour autant, prévient Adil Douiri, ce choix pour la constitution de pôles indépendants, ne signifie pas fermer la porte au tourisme de circuit, lequel peut bien continuer à être développé par les TO et les différents partenaires. Seule ombre au tableau concernant la présence marocaine à cette 26e édition du Top Résa, l’absence d’animation et de thématiques. Il y a eu certes le «match» contre la Tunisie, remporté aux points par le Maroc et suivi par une forte affluence au stand de la chaîne Voyages, mais c’était assez peu pour une destination aux ambitions aussi affichées sur marché français.

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