Les marchés déstressés mais peu convaincus

Les marchés déstressés mais peu convaincus

Les marchés financiers se montraient peu impressionnés lundi matin par les résultats des stress tests, qui ont prouvé que les banques européennes étaient dans l’ensemble résistantes malgré des doutes sur la pertinence de l’examen. Les Bourses de Paris (+0,07%), Francfort (-0,15%) et Londres (+0,02%) étaient sans entrain vers 11h20 (09h20 GMT), évoluant en faible hausse ou en baisse modérée. L’Eurostoxx 50, qui regroupe 50 titres de sociétés de la zone euro, était quasiment stable (+0,09%). Le marché espagnol était à l’équilibre tandis que la Bourse d’Athènes voyait l’indice Athex gagner 0,46%, même si certaines banques de ces pays ont été pointées comme des maillons faibles. Sur le marché des changes, l’euro était en légère hausse, à 1,2901 dollar contre 1,2856 dollar vendredi juste après la publication des tests. «Que les tests soient assez poussés reste à déterminer, mais nous estimons que ces résultats ont déjà été plus ou moins intégrés en ce qui concerne les marchés financiers», indiquaient dans une note les analystes de la banque ING. Dévoilés vendredi soir après la fermeture des marchés européens, les tests de résistance ont montré que sur 91 établissements en Europe, seuls 7 ont échoué à l’examen, dont 5 en Espagne, un en Allemagne et un en Grèce. Ces banques devront lever un minimum de 3,5 milliards d’euros pour renforcer leur solidité financière. Un article du Financial Times semait toutefois le doute lundi matin, en affirmant que plusieurs banques allemandes n’avaient pas détaillé leur risque sur la dette souveraine des Etats européens, contrairement à ce qui était prévu. Ces informations ont relancé les doutes sur la pertinence de cet examen, alors que des voix se sont déjà élevées pour dire que ces tests n’étaient pas assez contraignants. «Il nous semble que la visibilité donnée par les banques (en particulier en termes d’exposition aux dettes souveraines) contribuera à rassurer les investisseurs quant à la capacité des banques à résister à une rechute des économies. Ceci devrait soutenir le secteur bancaire ces prochains jours», déclarait Christian Parisot, économiste chez Aurel.
En outre, le marché dispose désormais «d’éléments pour hiérarchiser le risque souverain sur les différentes banques européennes», poursuivait-il. L’indice sectoriel des banques en Europe était en hausse de 0,92% vers 09h20 GMT mais les situations étaient très contrastées. En Allemagne, Deutsche Bank perdait 0,98% à la veille de ses résultats trimestriels, l’espagnole Santander avançait de 0,35%, l’italienne Unicredit de 0,12% et Société Générale en France de 2,93%. Face à des marchés financiers calmes, la réaction du marché interbancaire où les banques se prêtent entre elles devrait être surveillée. L’Euribor à trois mois, le principal taux interbancaire en zone euro, continuait de grimper lundi à 0,889% contre 0,885% vendredi, ne montrant pas un retour immédiat de la confiance.

  Aurélie Mayembo (AFP)

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